Le consortium ORNX, coentreprise entre l'américain Ortus Climate Mitigation et le groupe hispano-allemand Acciona & Nordex Green Hydrogen, intensifie ses démarches pour financer son projet industriel à Laâyoune. Après avoir sécurisé une subvention de 5,7 millions de dollars de l'Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) pour ses études d'ingénierie, le groupement cible désormais les mécanismes de soutien financier de l'Union européenne.
Alignement sur les standards réglementaires européens
Pour prétendre aux fonds européens, ORNX a entamé des discussions à Bruxelles afin d'assurer la conformité de ses installations avec les exigences strictes de l'UE. L'enjeu est de taille : le projet doit impérativement respecter les critères relatifs aux carburants renouvelables d’origine non biologique (RFNBO) et s'inscrire dans la taxonomie verte européenne. Cette mise en conformité est une condition sine qua non pour solliciter des institutions telles que la Banque européenne d’investissement (BEI) ou la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
Une stratégie tournée vers le marché du carbone
L'ambition du consortium s'inscrit dans le sillage du plan REPowerEU, qui vise à accroître massivement les importations d'hydrogène renouvelable d'ici 2030. Par ailleurs, l'intégration du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) renforce la pertinence économique de l'initiative. En produisant de l'ammoniac vert, ORNX anticipe les futures contraintes sur l'empreinte carbone, offrant ainsi un avantage compétitif aux produits exportés vers le marché européen.
Un projet industriel d'envergure internationale
Le projet, dont le coût total est estimé à 4,5 milliards de dollars, prévoit le déploiement de plus de 2 GW de capacités solaires et éoliennes, couplées à 900 MW d’électrolyseurs et une unité de dessalement. L'objectif industriel est d'atteindre une production annuelle de 560 000 tonnes d’ammoniac vert. Au-delà de la production énergétique, la réalisation de ces infrastructures pourrait agir comme un levier pour attirer de nouveaux investissements industriels dans la région du Sahara marocain, consolidant ainsi la stratégie de développement économique local.