Le Conseil suprême des affaires islamiques du Nigeria (NSCIA) a officiellement exprimé ses préoccupations concernant le caractère équitable des poursuites judiciaires visant l'ancien gouverneur de l'État de Kaduna, Nasiru El-Rufai. L'organisation, qui avait jusqu'ici observé une stricte neutralité, alerte désormais sur le risque d'une instrumentalisation des institutions publiques à des fins confessionnelles.
Une rupture de réserve face aux évolutions judiciaires
Jusqu'à une période récente, le NSCIA avait délibérément choisi de ne pas commenter les déboires judiciaires de l'ancien gouverneur. Selon le secrétaire général de l'institution, le professeur Is-haq Oloyede, cette retenue reposait sur la conviction que la procédure suivait un cours normal, propre à tout processus judiciaire standard. Toutefois, des développements récents dans l'espace public ont contraint le conseil à sortir de son silence, estimant que l'affaire pourrait dévier d'un cadre strictement juridique pour prendre une tournure sectaire.
Appel à la neutralité des institutions publiques
Dans une déclaration officielle, le NSCIA a exhorté le gouvernement fédéral nigérian ainsi que le pouvoir judiciaire à faire preuve d'une vigilance accrue. L'enjeu, selon l'organisation, est d'empêcher que des acteurs porteurs d'intérêts religieux particuliers ne parviennent à détourner le système légal pour mener un agenda ciblé contre Nasiru El-Rufai. Le conseil souligne que l'intégrité des institutions publiques est menacée si des considérations confessionnelles viennent interférer avec l'exercice de la justice.
La préservation de la stabilité nationale
Au-delà du cas spécifique de l'ancien gouverneur, le NSCIA a lancé un appel au calme à l'attention du public. L'organisation insiste sur la nécessité d'éviter toute déclaration susceptible de compromettre la tenue d'un procès équitable ou d'exacerber les tensions sociales dans un contexte sécuritaire déjà fragile. Pour le conseil, la priorité demeure la stabilité du pays, et il appelle à ce que le traitement de ce dossier ne serve pas de catalyseur à des divisions religieuses plus larges au sein de la société nigériane.