Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) a suspendu pendant un mois l’émission « Dîn wa Dounia » diffusée sur Chada FM, estimant que l’épisode du 18 septembre 2026 contrevenait aux exigences d’objectivité, de neutralité et de réserve religieuse à l’approche des élections.
Motifs invoqués par le CSCA
Le régulateur a relevé que l’invité permanent, présenté comme « cheikh prédicateur », a utilisé des références à des rites religieux publics pour orienter les opinions des auditeurs en vue de la prochaine échéance électorale. Le Conseil a également souligné l’absence de prise de parole de l’animatrice, pourtant responsable du contrôle de la diffusion selon le cahier des charges de la station, ce qui a laissé le contenu sans contre‑balance éditoriale.
Impact sur la liberté d’expression et la régulation électorale
Tout en rappelant le principe de liberté de la communication audiovisuelle, le CSCA a rappelé que ce droit s’accompagne d’un devoir de réserve, notamment lorsqu’il s’agit de discours à caractère religieux pendant une période sensible. La décision vise à garantir que les médias ne deviennent pas des vecteurs de manipulation électorale, préservant ainsi la cohésion sociale et l’équité du processus de vote.
Antécédents de sanctions contre « Dîn wa Dounia »
Cette suspension s’inscrit dans une série de mesures disciplinaires déjà prises contre le programme. Le CSCA avait, au cours des dernières années, prononcé cinq sanctions distinctes, allant de saisies d’office à des avertissements formels, à la suite de plaintes relatives à des contenus jugés contraires aux exigences de neutralité et de non‑discrimination.
Conséquences pour les médias marocains
La mesure envoie un signal fort aux acteurs du secteur audiovisuel : la liberté d’expression ne dispense pas de respecter les règles de neutralité, surtout pendant les campagnes électorales. Les stations devront renforcer leurs dispositifs de contrôle éditorial afin d’éviter des sanctions similaires, tandis que les auditeurs seront appelés à une vigilance accrue quant à la provenance et à la partialité des informations diffusées.