Le Conseil national de la magistrature (NJC) du Nigeria a formellement ordonné à la Commission du service judiciaire de l'État d'Imo d'intégrer la juge Ijeoma Agugua, actuelle juge en chef par intérim, dans la liste des candidats au poste de juge en chef titulaire. Cette décision, prise lors de la 112e réunion du Conseil, marque une nouvelle étape dans la volonté de l'instance fédérale de faire respecter les principes de hiérarchie et de légalité constitutionnelle au sein de la magistrature locale.
Une injonction pour restaurer la hiérarchie
La directive du NJC fait suite à une pétition déposée par Bob Kay Njemanze, contestant l'exclusion délibérée de la juge Agugua du processus de sélection. Bien que la Commission du service judiciaire de l'État dispose de la prérogative d'initier les nominations, le NJC a réaffirmé son autorité suprême pour valider l'adéquation des candidats. En exigeant l'inclusion de la juge Agugua, la plus ancienne magistrate de la Haute Cour de l'État, le Conseil entend mettre fin à une manœuvre locale visant à écarter une figure dont la légitimité est pourtant consacrée par son rang.
Un conflit institutionnel persistant
La crise au sein de la justice de l'État d'Imo dure depuis novembre 2024, date à laquelle l'ancien juge en chef, T. E. Chukwuemeka Chikeka, a été contraint à la retraite pour falsification d'âge. Depuis, les relations entre le gouvernement de l'État, dirigé par le gouverneur Hope Uzodimma, et le NJC sont marquées par des tensions récurrentes. Le gouvernement local avait précédemment tenté de contourner la règle de l'ancienneté en nommant des magistrats de rang inférieur, une pratique systématiquement sanctionnée par le NJC au nom de l'article 271(4) de la Constitution nigériane.
Sanctions et assainissement de la magistrature
L'intervention du NJC s'inscrit dans une politique plus large de discipline judiciaire. Par le passé, le Conseil a dû prononcer la mise à la retraite forcée de plusieurs magistrats de l'État d'Imo, notamment Theophilus Nzeukwu, qui avait accepté une nomination irrégulière au poste de juge en chef par intérim, ainsi que neuf autres juges impliqués dans des affaires de falsification d'âge. Ces mesures illustrent la détermination du NJC à assainir le fonctionnement des cours d'État, souvent fragilisées par des ingérences politiques et des manquements déontologiques graves qui entravent le bon fonctionnement de l'appareil judiciaire nigérian.