L'Assemblée générale des Nations Unies a procédé à l'élection de 15 nouveaux membres au sein du Conseil des droits de l'homme, dans un scrutin marqué par l'absence totale de concurrence. Cette configuration, qui se répète pour la deuxième année consécutive, soulève de vives inquiétudes quant à la crédibilité et à la capacité de contrôle de cette instance onusienne.
Une élection sans alternative
Pour les 15 sièges à pourvoir lors de ce scrutin, les groupes régionaux de l'ONU ont présenté un nombre de candidats strictement égal au nombre de postes disponibles. Cette absence de compétition a permis à l'ensemble des pays nommés d'accéder au Conseil sans avoir à affronter de vote contradictoire. Pour le groupe Afrique, la Zambie, le Ghana, le Nigeria et le Burundi ont été élus. Les autres sièges ont été répartis entre des nations d'Asie-Pacifique, d'Amérique latine, d'Europe de l'Est et du groupe des pays occidentaux.
La critique des organisations de défense des droits
Des organisations internationales, dont Human Rights Watch, ont dénoncé un processus qui « tourne en dérision » le concept même d'élection. Selon ces observateurs, l'absence de listes compétitives empêche les États membres de rejeter des candidats dont le bilan en matière de droits humains est jugé préoccupant. La critique porte sur le risque de voir des pays intégrer l'instance non pas pour promouvoir les libertés fondamentales, mais pour se protéger ou protéger leurs alliés des enquêtes internationales.
Les enjeux de crédibilité du Conseil
Le Conseil des droits de l'homme, basé à Genève, joue un rôle central dans le système onusien : il examine périodiquement les bilans nationaux, nomme des enquêteurs indépendants et déploie des missions d'établissement des faits dans des zones de conflit ou de crise. Depuis sa création en 2006, l'institution peine toutefois à se défaire de l'image de son prédécesseur, la Commission des droits de l'homme, discréditée par la présence de membres aux pratiques contestables. Si le porte-parole de l'ONU a rappelé que le choix des membres incombe aux 193 États, il a souligné que tout pays siégeant à ce conseil porte une responsabilité accrue dans la protection des droits humains à l'échelle mondiale.