Le haut représentant pour Gaza du « Conseil de paix », Nikolaï Mladenov, a exprimé de vives inquiétudes quant à la viabilité de la solution à deux États. L'accumulation des violences en Cisjordanie et l'absence de progrès diplomatiques concrets menacent de rendre toute résolution politique du conflit durablement inaccessible.
Une impasse territoriale et politique
La situation sur le terrain compromet gravement les perspectives de paix. Selon Nikolaï Mladenov, le contrôle militaire exercé par Israël sur plus de 50 % du territoire de Gaza, couplé à l'instabilité persistante en Cisjordanie, bloque toute avancée crédible. Le diplomate souligne que sans une mise en œuvre rapide du plan de paix proposé par l'administration américaine, la perspective d'un État palestinien souverain aux côtés d'Israël risque de devenir une impossibilité pratique.
Les défis du désarmement et de la gouvernance
Le plan de paix actuel repose sur un retrait progressif des forces israéliennes, conditionné par le désarmement du Hamas. Ce processus doit être supervisé par la Force internationale de stabilisation (ISF), sous la direction du général américain Jasper Jeffers. Toutefois, l'ampleur de la militarisation de Gaza, décrite comme dépassant l'entendement par l'envoyé spécial Jared Kushner, rend cette étape particulièrement complexe. Malgré un accord de principe sur l'objectif final, les divergences sur les modalités d'application persistent, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ayant récemment rejeté des volets clés du plan.
La dégradation sécuritaire en Cisjordanie
Au-delà de la guerre à Gaza, la Cisjordanie connaît une recrudescence des violences depuis octobre 2023. La région, où cohabitent environ 3 millions de Palestiniens et plus de 500 000 colons israéliens, est le théâtre d'attaques et de raids quasi quotidiens. Cette instabilité chronique, qui s'ajoute aux blocages diplomatiques, fragilise davantage les efforts de médiation internationale. Les responsables américains, tout en réaffirmant leur soutien aux objectifs de sécurité d'Israël, reconnaissent que le climat politique interne israélien, marqué par la perspective d'élections législatives, complexifie les prises de décision nécessaires à une résolution durable du conflit.