Le Congrès national africain (ANC), formation historique au pouvoir depuis 1994, traverse une séquence électorale difficile lors des récentes municipales en Afrique du Sud. Avec environ 32 % des suffrages exprimés après le dépouillement des deux tiers des bulletins, le parti de Nelson Mandela confirme une tendance à l'érosion qui fragilise sa domination traditionnelle à l'approche des échéances nationales.
Une érosion électorale qui se confirme
Depuis 2004, l'ANC voit son assise électorale s'effriter progressivement. Après avoir perdu sa majorité absolue lors des élections générales de 2024, où il avait recueilli 40 % des voix, le parti enregistre désormais un score national estimé à 31,5 % par le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle (CSIR). Cette dynamique intervient dans un contexte de participation électorale de 54,45 %, un taux en légère hausse par rapport au scrutin de 2021, marqué par la pandémie, mais inférieur aux niveaux observés en 2016.
Le paysage politique face à l'impératif des coalitions
L'incapacité des partis à obtenir des majorités claires dans les grandes agglomérations impose une reconfiguration du pouvoir local. À Johannesburg et Pretoria, la gestion municipale devra, selon toute vraisemblance, reposer sur des accords de coalition, une pratique déjà en vigueur dans plus d'un tiers des municipalités du pays. L'Alliance démocratique (DA), alliée actuelle de l'ANC au sein du gouvernement d'unité nationale, se positionne comme une force majeure avec environ 25,5 % des voix, consolidant notamment sa position au Cap avec une victoire revendiquée à 56 %.
Les dynamiques autour du MK Party et des métropoles
Le MK Party, mouvement dissident fondé par l'ancien président Jacob Zuma, cristallise une partie du mécontentement électoral mais affiche des résultats en deçà des attentes initiales. Crédité de 9 % au niveau national, le parti peine à s'imposer comme la force dominante à Durban, son fief historique, où il recueille 32 % des suffrages selon les projections du CSIR. Ces résultats, bien que partiels, constituent un indicateur clé pour l'ANC, alors que le parti s'apprête à organiser son congrès pour désigner le successeur de Cyril Ramaphosa, dont le mandat touche à sa fin.