Le Conseil de campagne présidentiel du Congrès démocratique africain (ADC-PCC) a vivement critiqué l'intervention des forces de l'ordre à Kano, où un rassemblement citoyen a été dispersé par la police. Cet incident soulève des inquiétudes majeures sur le respect des libertés constitutionnelles et la gestion du mécontentement social face à la dégradation des conditions de vie au Nigeria.
Interruption d'un rassemblement à Kano
Le rassemblement, organisé par des collectifs de jeunes sous la conduite de l'avocat Abba Hikima, visait à exprimer des revendications politiques. Selon le porte-parole de l'ADC, Kola Ologbondiyan, des agents de la police de l'État de Kano ont érigé des barricades autour du centre événementiel « The Avenue Event Center », empêchant le bon déroulement de l'événement et intimidant les participants présents sur les lieux.
Arrestation controversée du propriétaire des lieux
Au-delà de la dispersion de la manifestation, l'ADC-PCC a fermement condamné l'arrestation du propriétaire du centre événementiel. Pour le parti, interpeller un prestataire de services pour avoir loué son espace à un rassemblement pacifique constitue une dérive préoccupante. Le conseil exige la libération immédiate et inconditionnelle de ce dernier, qualifiant cette mesure d'instrumentalisation de l'appareil policier à des fins de répression politique.
Priorités gouvernementales et crise sociale
Pour l'ADC, cette démonstration de force policière illustre une mauvaise hiérarchisation des priorités de l'exécutif. Le parti soutient que les ressources déployées pour étouffer la contestation seraient plus utiles si elles étaient orientées vers la lutte contre l'insécurité, le banditisme et l'inflation galopante. Le message adressé aux autorités est sans équivoque : la répression des voix dissidentes ne saurait occulter la réalité de la faim et de la frustration qui touchent une large partie de la population nigériane.
Appel à la vigilance des organisations civiles
Face à ce qu'il considère comme une érosion des libertés démocratiques, l'ADC-PCC a lancé un appel aux organisations de la société civile, aux défenseurs des droits humains et à la communauté internationale. Le parti rappelle que le droit de manifester est garanti par la Constitution nigériane et ne constitue pas une concession accordée par les forces de l'ordre. La situation à Kano reste un point de tension à surveiller quant à l'évolution du climat politique et social dans le pays.