La Division spéciale de cybersécurité (DSC) du Sénégal s'apprête à connaître un changement de commandement. Le commissaire Pape Mamadou Djidjack Faye, figure centrale de la lutte contre la cybercriminalité, quitte ses fonctions cette semaine pour entamer une mission à l'étranger.
Un profil d'expert au service de la police
Ingénieur en informatique et télécommunications de formation, le commissaire Faye a intégré la police nationale avec une spécialisation technique marquée. Avant sa nomination à la tête de la DSC en août 2024, il a exercé au sein de la Direction des ressources humaines et de la Direction de l'automatisation des fichiers. Ce parcours lui a permis de piloter la modernisation des outils de gestion des données policières, renforçant ainsi les capacités opérationnelles de l'institution face aux menaces numériques.
Le démantèlement du réseau Kocc Barma
Le mandat du commissaire Faye a été particulièrement rythmé par la lutte contre les réseaux de sextorsion et la diffusion illégale de contenus intimes. L'opération la plus emblématique reste l'arrestation, le 17 juillet 2025, d'El Hadji Babacar Dioum, alias « Kocc Barma ». Cette intervention, menée avec la Brigade d'intervention polyvalente, a permis de neutraliser la plateforme Babiporno, au cœur d'un système ayant généré plus de 5 000 plaintes depuis 2018. L'arrestation ultérieure d'un complice présumé à l'aéroport international Blaise Diagne a marqué un tournant dans la sécurisation de l'espace numérique national.
Gestion des délits financiers et critiques sur les libertés
Au-delà de la cybercriminalité liée aux mœurs, la DSC a intensifié ses actions contre la cyber-escroquerie. En novembre 2025, les services sous la direction de M. Faye ont démantelé un réseau responsable de détournements financiers dépassant 338 millions de francs CFA, impliquant des victimes vulnérables. Si ces résultats ont été salués, la gestion de certains dossiers, notamment ceux visant des acteurs politiques ou médiatiques, a suscité des débats. Des organisations ont en effet exprimé des réserves sur l'usage jugé extensif des poursuites pour délits d'opinion, soulignant les enjeux d'équilibre entre sécurité publique et respect des libertés individuelles dans l'espace numérique.