Le commissaire Pape Mamadou Djidjack Faye s'apprête à quitter la direction de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) cette semaine pour entamer une mission à l'étranger. Expert en informatique et télécommunications, ce haut gradé laisse derrière lui une empreinte marquée par une intensification de la lutte contre les délits numériques au Sénégal.
Un mandat sous le signe de la traque technologique
Nommé en août 2024, le commissaire Faye a dirigé la DSC avec une approche axée sur le renforcement des capacités opérationnelles de la police face aux menaces en ligne. Sous son commandement, l'unité a multiplié les interventions contre des infractions variées, allant de l'escroquerie et l'usurpation d'identité aux discours haineux et à la diffusion de contenus illicites. Son expertise technique, forgée au sein de la Direction des ressources humaines et de la Direction de l'automatisation des fichiers, a été centrale dans la stratégie de modernisation de la lutte contre la cybercriminalité.
L'affaire « Kocc Barma » comme point d'orgue
L'action la plus emblématique de son passage à la DSC demeure le démantèlement du réseau « Kocc Barma » en juillet 2025. Cette opération d'envergure, menée avec l'appui de la Brigade d'intervention polyvalente, a permis l'arrestation d'El Hadji Babacar Dioum et la fermeture de la plateforme Babiporno. Ce site, qui diffusait des contenus intimes sans consentement, faisait l'objet de plus de 5 000 plaintes depuis 2018. L'interpellation d'un complice présumé à l'aéroport international Blaise Diagne a complété ce coup de filet, largement salué comme une victoire contre l'impunité des prédateurs numériques.
Entre régulation des réseaux sociaux et débats sur les libertés
Si son bilan est marqué par des succès techniques contre la cybercriminalité, la gestion de la DSC sous son mandat a également été au cœur de dossiers politico-judiciaires sensibles. L'unité a été sollicitée pour traiter des affaires impliquant des journalistes, des chroniqueurs et des acteurs politiques dans le cadre de publications en ligne. Cette activité a suscité des réactions contrastées : tandis que certains y voient une régulation nécessaire face aux dérives numériques, des organisations de défense des droits ont exprimé des inquiétudes concernant un usage potentiellement extensif des poursuites pour délits d'opinion.