Le commerce transfrontalier informel au Ghana pèse 31 milliards de GH¢ malgré les obstacles persistants

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 4 lectures
Le commerce transfrontalier informel au Ghana pèse 31 milliards de GH¢ malgré les obstacles persistants

Le secteur du commerce transfrontalier informel au Ghana représente un pilier économique majeur, totalisant 31 milliards de GH¢ sur les trois premiers trimestres de 2025. Malgré ce poids significatif, qui surpasse de 54 % les échanges formels par voie terrestre, les petits opérateurs peinent à s'intégrer aux mécanismes de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en raison de barrières structurelles et administratives.

Des obstacles quotidiens pour les petits commerçants

Les acteurs du terrain, majoritairement des femmes opérant aux frontières d'Elubo, Hamile, Paga, Aflao et Akanu, dénoncent une réalité complexe. Ils font face à des prélèvements arbitraires, des saisies de marchandises, des délais de transit prolongés et un manque criant d'informations sur les procédures légales. Cette précarité opérationnelle décourage la formalisation des activités, alors même que ces échanges informels constituent environ 6 % du commerce total du pays.

Le décalage entre engagements continentaux et réalité

Si la Division des douanes de l'Autorité fiscale du Ghana (GRA) a introduit le système de déclaration simplifiée des marchandises (SGD) pour alléger les formalités, les parties prenantes soulignent que les accords de la ZLECAf et de la CEDEAO manquent encore de dispositifs de protection spécifiques pour les petits commerçants. Dode Seidu, coordinateur national du bureau ZLECAf, a reconnu l'existence d'un fossé profond entre les engagements politiques et le vécu quotidien aux postes frontaliers.

Vers un plan d'action pour la facilitation des échanges

Face à ce constat, un plan d'action conjoint a été élaboré pour transformer la gouvernance aux frontières. Il préconise la numérisation des processus, notamment via des itinéraires de voyage numériques, et la publication transparente des frais officiels. La mise en œuvre de ces mesures a été confiée aux services d'immigration et aux douanes, avec le soutien des ministères du Commerce, de l'Agro-industrie et du Genre. L'objectif est de formaliser le secteur sans ériger de nouvelles barrières, tout en développant des infrastructures logistiques modernes, à l'instar du projet de hub commercial proposé pour la zone d'Aflao.

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