Le Comité international de la Croix‑Rouge, en partenariat avec l’École nationale de formation judiciaire, a tenu le 4 novembre 2026 la première Conférence humanitaire du Tchad, axée sur le droit international humanitaire et la protection des personnes. L’événement a rassemblé des représentants de l’État, des magistrats et des acteurs de la société civile, soulignant l’enjeu de renforcer le cadre juridique national pour mieux protéger les civils en situation de conflit.
Une première initiative officielle au Tchad
Organisée à N'Djaména, la conférence marque la première fois qu’une délégation du CICR intervient directement dans le pays pour structurer un débat autour du droit humanitaire. En collaboration avec l’ENFJ, l’instance humanitaire a voulu créer un espace d’échange entre les autorités publiques et les experts du droit international, afin d’adapter les principes du droit humanitaire aux réalités locales.
Autorités nationales et experts judiciaires au cœur du dialogue
Parmi les participants figuraient le ministre de la Justice, le procureur général, ainsi que des juges de la Cour suprême et des formateurs de l’ENFJ. Leurs interventions ont porté sur la mise en œuvre des Conventions de Genève, la formation des forces de sécurité et la nécessité d’intégrer les normes humanitaires dans les procédures judiciaires. Le CICR a présenté des études de cas tirées de conflits récents, illustrant les lacunes de protection et proposant des mesures concrètes pour les combler.
Implications pour la protection des populations civiles
Les discussions ont souligné que le respect du droit international humanitaire constitue un levier essentiel pour réduire les violations contre les civils, notamment dans les zones affectées par les affrontements armés au nord et à l’est du pays. Les intervenants ont recommandé la création d’un centre national de suivi des incidents humanitaires, la diffusion de formations obligatoires pour les forces de l’ordre et la révision du code pénal afin d’y intégrer les crimes de guerre et les atteintes aux droits humains.
Perspectives et engagements à moyen terme
Le CICR a annoncé son intention de poursuivre l’accompagnement technique du Tchad, notamment par des ateliers de formation continue pour les magistrats et les officiers de police. L’ENFJ, quant à elle, prévoit d’inclure le droit international humanitaire dans son cursus de formation judiciaire dès le prochain semestre. Ces engagements visent à instaurer une culture juridique qui protège davantage les personnes vulnérables et à renforcer la crédibilité du système judiciaire tchadien sur la scène internationale.