À l'occasion du 68e anniversaire de la proclamation de la République, le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, a plaidé pour une autonomie réelle de Madagascar. Un an après sa prise de fonction, le chef de l'État pointe du doigt les mécanismes de dépendance qui, selon lui, entravent encore la pleine souveraineté de la nation.
Une diplomatie sous pression
Le chef de l'État a exprimé son refus catégorique de voir les choix diplomatiques d'Antananarivo dictés par des puissances étrangères. Sans nommer les États concernés, il a révélé avoir été interpellé par certains partenaires internationaux au sujet des alliances nouées par Madagascar. Pour le dirigeant, la diversification des coopérations est une nécessité stratégique qui ne doit souffrir d'aucune justification préalable auprès de tiers, affirmant ainsi la volonté de son gouvernement de définir ses propres orientations internationales.
Le défi de l'autonomie financière
Au-delà des enjeux diplomatiques, le colonel Randrianirina a souligné la fragilité du modèle économique actuel, trop dépendant des financements extérieurs. Cette dépendance structurelle limite, selon lui, la capacité du pays à piloter ses propres priorités de développement. En conditionnant la réalisation de projets nationaux à des capitaux étrangers, Madagascar se retrouverait dans une situation de vulnérabilité qui freine sa liberté d'action économique et sociale.
Identité culturelle et unité nationale
Le discours présidentiel a également abordé la dimension culturelle, avec une critique ciblée contre les établissements scolaires francophones qui restreindraient l'usage de la langue malgache. Pour le président, cette pratique est en contradiction avec la préservation de l'identité nationale. Dans un contexte marqué par des résistances internes, y compris au sein de son propre entourage, il a appelé à un dépassement des clivages politiques. Il considère que l'unité nationale est le levier indispensable pour surmonter les obstacles à la reconstruction du pays.
Un symbole historique à Antsohihy
Le choix de la ville d'Antsohihy pour ces célébrations n'est pas anodin : cette localité est le berceau de Philibert Tsiranana, premier président de la République. En rendant hommage à cette figure historique, le colonel Randrianirina a souhaité inscrire son action dans la continuité de l'indépendance, tout en marquant le premier anniversaire de sa propre désignation à la tête de l'État. Si le discours pose les jalons d'une rupture, la question reste désormais celle des moyens concrets que le gouvernement déploiera pour transformer ces ambitions de souveraineté en résultats tangibles pour la population.