Face à la multiplication des délestages qui pénalisent le quotidien des Sénégalais, le collectif Noo Lank monte au créneau pour exiger une refonte de la gouvernance énergétique nationale. Au-delà des justifications techniques avancées par la SENELEC, le mouvement réclame une transparence accrue sur la gestion des ressources et l'application effective des réformes législatives en suspens.
L'urgence d'une restructuration institutionnelle
Le collectif pointe du doigt le retard pris dans l'application de la loi n° 2021-31, qui prévoit une profonde mutation de l'opérateur historique. Cette réforme ambitionne de scinder les activités de la SENELEC en une structure de holding chapeautant trois filiales distinctes, dédiées respectivement à la production, au transport et à la distribution-vente d'électricité. Noo Lank presse les autorités de publier un calendrier précis pour cette transition, jugeant cette réorganisation indispensable pour stabiliser le réseau national.
Transparence financière et audit du secteur
La gestion des ressources financières dédiées à l'énergie est également au cœur des revendications. Le collectif demande le transfert de la tutelle du Fonds de soutien au secteur de l'énergie, actuellement sous la responsabilité du ministère des Finances et du Budget, vers le ministère chargé de l'Énergie. Cette exigence s'accompagne d'un appel à un audit indépendant et à une reddition de comptes publique sur l'utilisation des fonds alloués, afin de garantir une meilleure efficacité dans la gestion des deniers publics destinés à ce secteur stratégique.
La stratégie gazière à l'épreuve des faits
La dépendance aux énergies fossiles reste un point de tension majeur. Alors que le projet Yaakaar-Teranga est présenté comme le pilier de la stratégie « gas-to-power » du pays, Noo Lank s'interroge sur le rythme de déploiement des infrastructures. Le collectif souligne notamment que la centrale West African Energy est contrainte de fonctionner au gasoil en attendant l'accès effectif au gaz naturel. Dans ce contexte, le mouvement insiste sur la nécessité de rendre public le Plan intégré à moindre coût, dont le décret d'application a été signé le 12 août 2024, pour offrir une visibilité réelle sur les projets structurants à venir.