Le Collectif des ex-détenus politiques et victimes des événements de 2021-2023 (Codeps) a officiellement pris ses distances avec une faction dissidente ayant affiché son soutien à la mouvance présidentielle. Cette scission met en lumière les tensions persistantes autour de l'héritage politique des troubles survenus au Sénégal ces dernières années.
Une rupture au sein du mouvement des anciens détenus
Le Codeps a tenu à clarifier sa position par voie de communiqué, soulignant que les initiatives prises par un groupe restreint d'anciens détenus n'engagent en rien l'organisation. Selon le collectif, cette minorité aurait choisi de créer une structure parallèle dans le but explicite d'apporter son soutien au pouvoir en place. Le Codeps insiste sur le fait que les prises de position de ce groupe relèvent de la responsabilité exclusive de leurs auteurs, cherchant ainsi à préserver la crédibilité de son action collective face à cette dissidence.
Dénonciation d'une stratégie d'instrumentalisation
Le collectif ne mâche pas ses mots concernant les motivations prêtées à ce groupe dissident. Il accuse ces derniers de mener une campagne de dénigrement systématique contre le parti Pastef et ses responsables. Pour le Codeps, cette stratégie viserait à travestir la réalité des faits dans l'espoir d'obtenir des faveurs politiques auprès de l'administration actuelle. Cette dénonciation marque une volonté claire de ne pas laisser le combat des victimes être récupéré à des fins de positionnement politique opportuniste.
Le maintien des revendications initiales
Face à ces manœuvres, le Codeps réaffirme que son engagement demeure intact et strictement focalisé sur ses objectifs originels : la justice, la réparation des préjudices subis et la reddition des comptes. Le collectif rejette toute idée de marchandage politique, soulignant que son combat ne saurait être monnayé au gré des circonstances. En se désolidarisant de cette initiative, le Codeps cherche à sanctuariser la mémoire et les revendications des victimes des événements de 2021-2023, refusant que leur parcours soit utilisé comme un levier dans le jeu politique sénégalais actuel.