Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) du Maroc voit deux de ses programmes phares consacrés comme des modèles de référence par les Nations unies. Ces initiatives, axées sur la protection contre les violences numériques et l'autonomisation des enfants, seront présentées lors de la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme à Genève en septembre 2026.
Une stratégie technologique contre les violences numériques
Lancée en novembre 2025, la campagne nationale du CNDH contre les violences numériques faites aux femmes et aux filles s'est distinguée par son approche multiforme. Au-delà d'une caravane de sensibilisation ayant couvert 12 villes en seize jours, l'institution a intégré des outils technologiques innovants pour marquer les esprits. L'utilisation de l'intelligence artificielle pour restituer des témoignages via des avatars numériques, ainsi que la projection de spectacles lumineux sur la façade du siège du Conseil à Rabat, ont été saluées comme des méthodes pionnières pour sensibiliser le grand public aux risques liés aux espaces virtuels.
L'autonomisation des enfants dans les instances internationales
La seconde initiative retenue par le rapport du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, concerne la participation directe des mineurs aux mécanismes de protection de leurs droits. En accompagnant des enfants dans l'élaboration de leur propre rapport parallèle destiné au Comité des droits de l’enfant des Nations unies, le CNDH favorise une citoyenneté active. Cette démarche permet aux jeunes de s'exprimer sans intermédiaire sur leur situation, renforçant ainsi leur rôle d'acteurs au sein des instances internationales.
Le rôle croissant des institutions nationales
Cette reconnaissance s'inscrit dans un panorama mondial où 119 institutions nationales des droits de l’homme sont désormais accréditées. Le CNDH marocain, classé dans la catégorie « A » pour sa conformité aux principes de Paris, illustre l'évolution de ces organismes. Autrefois purement consultatives, ces structures interviennent désormais sur des enjeux complexes allant de la prévention de la torture et du contrôle des lieux de détention à la responsabilité des entreprises et la protection de l'environnement. Pour l'ONU, ces institutions sont devenues des maillons indispensables pour traduire les engagements internationaux en politiques publiques concrètes au niveau national.