À l'approche des élections générales de 2027, le Civil Society Legislative Advocacy Center (CISLAC) tire la sonnette d'alarme face à la montée des stratégies électorales fondées sur l'instrumentalisation du fait religieux. L'organisation appelle les partis politiques et les candidats à recentrer leurs campagnes sur des enjeux programmatiques plutôt que sur des tactiques de division.
Le risque d'une politisation des lieux de culte
Le directeur exécutif du CISLAC, Auwal Rafsanjani, a fermement dénoncé la tendance croissante des acteurs politiques à solliciter le soutien des autorités religieuses pour mobiliser l'électorat. Des rapports font état de rassemblements de leaders religieux, notamment dans les États du Plateau et de Jigawa, visant à officialiser des soutiens partisans. Pour le CISLAC, cette pratique transforme les lieux de culte en plateformes de patronage politique, menaçant ainsi l'autorité morale des chefs religieux et la cohésion nationale.
Intimidation et droits des citoyens
Au-delà de la rhétorique religieuse, l'organisation s'inquiète de la persistance de méthodes coercitives sur le terrain. Elle a notamment condamné des menaces d'expulsion proférées à l'encontre de résidents du conseil de zone de Kuje, dans le territoire de la capitale fédérale, si ces derniers ne soutenaient pas le parti au pouvoir. Le CISLAC rappelle que de telles pressions constituent une atteinte directe aux droits constitutionnels des citoyens à choisir librement leurs représentants sans crainte de représailles ou de violences.
Vers des campagnes axées sur la compétence
Face à ces dérives, le CISLAC exhorte les autorités compétentes, dont la Commission électorale nationale indépendante (INEC) et les agences de sécurité, à prendre des mesures décisives contre l'usage de la religion comme outil de manipulation ou d'intimidation. L'organisation insiste sur la nécessité pour les candidats de se soumettre à un examen rigoureux de leurs bilans et de leurs capacités à répondre aux défis structurels du pays. Les priorités, selon le CISLAC, doivent impérativement porter sur la santé, l'éducation, la sécurité, la réduction de la pauvreté et la transparence de la gouvernance, plutôt que sur des sentiments identitaires qui risquent d'affaiblir durablement les institutions démocratiques nigérianes.