Le circuit LIV Golf, lancé en 2022 avec le soutien financier massif du Fonds public d'investissement d'Arabie saoudite (PIF), met fin à ses activités après seulement cinq saisons. Cette faillite, actée par la cessation des investissements du fonds souverain en avril dernier, marque l'échec d'une tentative de restructuration profonde du paysage golfique mondial face au circuit historique PGA.
Un modèle économique en échec
Le LIV Golf s'était distingué par un format novateur, incluant des tournois sur trois jours, des départs simultanés et l'absence de cut, le tout soutenu par des dotations financières records. Malgré l'attrait exercé sur des figures majeures comme Bryson DeChambeau, Dustin Johnson ou Phil Mickelson, le projet n'a pas réussi à s'imposer durablement. Matt Williams, avocat de l'organisation, a reconnu devant le tribunal des faillites l'incapacité du circuit à atteindre le niveau de soutien financier et de participation nécessaire pour assurer la viabilité d'une seconde phase du projet.
Conséquences pour les joueurs et les actifs
La liquidation des actifs restants, ordonnée par la justice, clôt une période de fortes tensions dans le monde du golf professionnel. Le départ progressif de nombreux joueurs au cours de l'année 2024 avait déjà fragilisé l'édifice. Les répercussions financières sont significatives, à l'image de la situation de l'Espagnol John Rahm, à qui le circuit devrait encore 100 millions de dollars. Cette fin abrupte laisse en suspens la question des dettes contractées envers les athlètes ayant rejoint la structure.
Bilan d'une stratégie d'influence
Si le PDG de LIV Golf, Scott O'Neil, a qualifié cette expérience d'aventure « enrichissante » visant à diversifier et rajeunir l'audience du golf, le bilan est contrasté. Le circuit a été au cœur de nombreuses polémiques, entraînant notamment l'exclusion de ses joueurs de compétitions prestigieuses comme la Ryder Cup. L'échec du LIV illustre la difficulté de concurrencer les institutions établies, même avec des capitaux souverains colossaux, lorsque l'adhésion des acteurs et la rentabilité ne suivent pas les ambitions initiales.