Le réalisateur suédois d'origine égyptienne Tarik Saleh, invité d'honneur du festival War on Screen, met en lumière les dynamiques autoritaires au sein de la société égyptienne. À travers sa trilogie cinématographique, il interroge la figure de l'homme puissant et réaffirme son engagement envers la jeunesse de son pays d'origine.
Une trilogie au cœur des tensions égyptiennes
Depuis 2017, Tarik Saleh a construit une œuvre ambitieuse explorant les rouages politiques et sociaux de l'Égypte. Sa trilogie, composée de Le Caire confidentiel, La Conspiration du Caire — récompensé par le Prix du scénario à Cannes en 2022 — et Les Aigles de la République, forme une fresque critique. Le cinéaste y dissèque les mécanismes du pouvoir, cherchant systématiquement à lever le voile sur les abus de ceux qui occupent les hautes sphères de l'État.
Le prix de l'engagement artistique
Cette démarche artistique, qui mêle les genres pour mieux dénoncer les systèmes oppressifs, a eu des conséquences directes sur la carrière et la vie personnelle du réalisateur. En 2015, ses prises de position et son regard critique sur la réalité égyptienne ont conduit à son expulsion du territoire. Aujourd'hui encore, Tarik Saleh demeure persona non grata en Égypte, illustrant les risques encourus par les créateurs qui choisissent de confronter les autorités en place à travers leurs œuvres.
Un regard tourné vers la jeunesse
Au-delà de la critique institutionnelle, le travail de Tarik Saleh se veut un écho aux aspirations de la nouvelle génération. En participant à des événements comme le festival War on Screen, qui traite de la représentation des conflits, le cinéaste souligne l'importance de maintenir un espace de parole pour la jeunesse égyptienne. Son cinéma ne se limite pas à une simple narration ; il se positionne comme un outil d'analyse des rapports de force, invitant le public à une réflexion sur la responsabilité des dirigeants et la résilience des citoyens face à l'autoritarisme.