Le cinéaste Andreï Zviaguintsev explore les fractures de la Russie contemporaine dans son nouveau long-métrage Minotaure

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 18 lectures
Le cinéaste Andreï Zviaguintsev explore les fractures de la Russie contemporaine dans son nouveau long-métrage Minotaure

Neuf ans après le succès de Faute d’amour, le réalisateur Andreï Zviaguintsev revient sur le devant de la scène avec Minotaure, une œuvre récompensée par le Grand Prix lors du 79e Festival de Cannes. Ce film, qui sort en salles le 14 octobre 2026, propose une plongée sombre dans la Russie de 2022, année marquée par une instabilité profonde et des bouleversements sociétaux majeurs.

Une relecture contemporaine de l'œuvre de Claude Chabrol

Pour ce nouveau projet, le cinéaste a collaboré avec le scénariste Simon Liachenko afin de transposer l'essence du film La Femme infidèle, réalisé par Claude Chabrol en 1969, dans le contexte russe actuel. Zviaguintsev utilise cette structure narrative pour observer la déliquescence d'une existence bourgeoise. Le récit suit Gleb, un chef d'entreprise prospère vivant en province avec son épouse Galina et leur fils, dont la vie bascule brutalement sous le poids des pressions professionnelles et d'un environnement social devenu imprévisible.

La mobilisation de 2022 comme catalyseur dramatique

Au-delà de l'intrigue domestique, le film intègre des éléments historiques précis qui viennent percuter la sphère privée. Le réalisateur souligne que la mobilisation décrétée à l'automne 2022 en Russie constitue un pivot central du scénario. Ce contexte politique impose au protagoniste des dilemmes moraux complexes, transformant le cadre familial — cher au cinéaste — en un laboratoire d'observation des comportements humains face à la violence et à l'effondrement des repères établis.

Une coproduction internationale portée par un casting exigeant

Le film, d'une durée de 2h20, est le fruit d'une coproduction associant la France, l'Allemagne et la Lettonie. À l'écran, le rôle principal de Gleb est tenu par Dmitri Mazourov, entouré d'Iris Lebedeva dans le rôle de Galina et de Boris Koudrine interprétant leur fils Serioja. Distribué par Les Films du Losange, ce long-métrage confirme la volonté de Zviaguintsev de maintenir la famille comme prisme privilégié pour analyser les tensions d'une société en pleine mutation, tout en s'inscrivant dans une tradition cinématographique européenne exigeante.

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