La crédibilité des estimations sur le recouvrement des avoirs de l'État fait l'objet d'une controverse interne au Ghana. Martin Kpebu, ancien membre du comité Operation Recover All Loot (ORAL), a publiquement infirmé le chiffre de 21,19 milliards de dollars avancé par le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, soulignant l'absence de consensus institutionnel sur cette évaluation.
Une estimation sans fondement collectif
Le différend porte sur la nature même de l'annonce faite par Samuel Okudzeto Ablakwa en février 2025. Selon Martin Kpebu, le montant de 21,19 milliards de dollars ne résulte d'aucun travail d'audit ou d'évaluation formel mené par le comité ORAL, dont le ministre assurait la présidence. M. Kpebu insiste sur le fait que cette somme relève d'une appréciation strictement personnelle et n'a jamais été validée, ni même discutée, par les autres membres de l'instance.
La portée des déclarations ministérielles
Au cœur de la divergence, la méthode de communication du ministre est remise en cause. Martin Kpebu rappelle que les propos tenus par M. Ablakwa étaient assortis d'une clause conditionnelle, évoquant une récupération potentielle en cas de succès des procédures. Pour l'ancien membre du comité, transformer une hypothèse de travail en un chiffre officiel constitue une interprétation abusive qui ne reflète pas la réalité des travaux menés par le groupe de travail.
Enjeux financiers et transparence publique
L'annonce initiale de Samuel Okudzeto Ablakwa avait suscité une attention particulière en raison de son ampleur, le ministre ayant suggéré que ce recouvrement potentiel pourrait surpasser le soutien financier sollicité par le Ghana auprès du Fonds monétaire international (FMI). Cette estimation reposait sur l'examen de 36 dossiers majeurs impliquant des transactions de grande valeur et des pertes présumées d'actifs publics, notamment dans le secteur foncier. La sortie de Martin Kpebu souligne désormais la fragilité de ces projections et pose la question de la rigueur dans la communication des données relatives aux finances publiques et à la lutte contre la corruption.