Le Cheikh Bassirou Abdou Khadre a rappelé que la distribution de passeports diplomatiques aux chefs religieux ne fait pas partie de ses prérogatives en tant que médiateur entre l’État et le Khalife. Il a souligné que cette responsabilité incombe au Président de la République, qui signe les demandes présentées par les autorités religieuses.
Un appel du Khalife à l’État contre la « charrette droguée » à Touba
Suite à l’émission d’un ndigël (décret) par le Serigne Mountakha, appelant le gouvernement à lancer une campagne contre le phénomène de la « charrette droguée » à Touba, le Cheikh Bass a profité de l’occasion pour aborder la question des passeports diplomatiques. Cette intervention s’inscrit dans le cadre plus large des relations entre le pouvoir politique sénégalais et les institutions religieuses.
Le rôle limité du Cheikh Bass dans la délivrance de passeports diplomatiques
Selon le Cheikh Bass, la recherche de passeports diplomatiques pour des individus ne relève pas de ses attributions. « Pour en disposer, il faut être un diplomate », a-t-il déclaré, rappelant que les chefs d’État successifs ont chacun accordé ce privilège à certains. Il a précisé que le Khalife lui avait demandé de transmettre au Président Diomaye une requête de concessions pour les chefs religieux souhaitant obtenir ces documents, notamment pour des soins à l’étranger ou des visites de disciples.
Le Président Diomaye accepte les demandes et le Cheikh Bass appelle à plus de sollicitude
Le Président Diomaye a indiqué qu’il signait toutes les demandes qui lui étaient soumises dans ce domaine, qualifiant la mesure de « faveur » consentie par les autorités. Le Cheikh Bass a toutefois exhorté les responsables à faire preuve de davantage de sollicitude, arguant que les chefs religieux ne sont pas de simples citoyens et méritent un traitement différencié. Cette position met en lumière les tensions entre l’égalité devant la loi et les privilèges accordés à certaines figures religieuses.
Enjeux pour la gouvernance et la perception publique
Cette clarification du Cheikh Bass soulève plusieurs questions pour la gouvernance sénégalaise : comment concilier le respect des institutions religieuses avec les principes de neutralité de l’État ? Et dans quelle mesure les privilèges accordés aux chefs religieux, comme les passeports diplomatiques, influencent la confiance des citoyens dans l’équité des services publics ? Le débat reste ouvert, notamment à la lumière des préoccupations sanitaires et sécuritaires liées à la situation à Touba.