La musique a sauvé Jordi Savall à 13 ans.

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 41 lectures
La musique a sauvé Jordi Savall à 13 ans.

Un Requiem de Mozart. Une répétition. Une vie qui bascule.

L’éveil d’un génie À Barcelone, dans les années 1950, Jordi Savall n’est qu’un adolescent timide, obsédé par les notes. Son père, musicien amateur, lui offre un violoncelle pour ses 13 ans. "Je l’ai ouvert comme un cadeau de Noël", se souvient-il. Mais c’est bien plus tard, lors d’une répétition du Requiem de Mozart, que tout change. Assis dans les gradins, il écoute, fasciné. "J’ai senti que la musique pouvait tout expliquer." Ce jour-là naît une vocation.

Elvis, premier amour Avant Mozart, il y a Elvis. "J’écoutais ses chansons en cachette", avoue Savall. Blue Suede Shoes, Hound Dog… Ces tubes deviennent ses premiers pas dans l’univers sonore. Plus tard, il découvre Bach, Vivaldi, puis se tourne vers la viole de gambe, instrument oublié qu’il apprend seul. "Je n’avais ni professeur ni partition. Juste l’oreille et la passion."

Un autodidacte hors norme Sans diplôme, sans mentor officiel, Savall construit son art. Il achète des partitions à prix d’or, copie des partitions à la main, et se forme en écoutant des disques usés. "La musique, c’est comme une langue : on apprend en parlant." Son talent éclate quand il intègre l’orchestre de la Radio de Barcelone. À 17 ans, il joue déjà la viole dans des concerts classiques.

La viole, arme de rébellion Dans les années 1960, la viole de gambe est reléguée aux musées. Savall, lui, en fait un symbole. "Je voulais prouver qu’elle pouvait être moderne." Il fonde des ensembles dédiés, comme La Capella Reial de Catalunya, et révolutionne l’interprétation baroque. "Si on ne joue pas comme au XVIIIᵉ siècle, à quoi bon ?"

Un héritage en question Aujourd’hui, Savall dirige des orchestres, enregistre des disques, et voyage entre continents. Mais son combat reste le même : "La musique doit être libre, accessible, vivante." Pourtant, face à l’industrie culturelle standardisée, une question se pose : peut-on encore surprendre avec de la passion pure ?

La musique, toujours une révolution À 80 ans, Jordi Savall continue de jouer. "Je ne suis pas un vieux sage, juste un musicien qui écoute." Son histoire rappelle une vérité simple : les plus grands artistes naissent souvent d’une étincelle, d’un moment où tout bascule. Et si vous attendiez aussi votre Requiem ?

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