Le président du Pentecostal Fellowship of Nigeria (PFN) au Cross River, l'apôtre Trinity Ogar, a demandé aux habitants de Calabar de ne plus attribuer les récents désastres naturels à des causes spirituelles, mais de se concentrer sur les facteurs environnementaux et les systèmes d'alerte existants.
Des catastrophes multiples en quelques semaines
Au cours des dernières semaines, le Cross River a été le théâtre d'une série d'événements dramatiques : un incendie a ravagé le centre commercial Spar à Calabar, deux glissements de terrain ont touché la route Anansa et le village d'Ikot Awatim, ce dernier faisant quatre victimes, et des inondations ont fait plusieurs morts dans d'autres localités. Ces incidents ont ravivé les rumeurs selon lesquelles un dieu marin efik, « Anansa », serait en colère contre la population.
Le rôle des autorités et des systèmes d'alerte
Ogar a rappelé que les agences étatiques avaient déjà diffusé des alertes précoces avant certains des sinistres, soulignant que les autorités disposent d'outils de prévention et de suivi météorologique. Il a critiqué la tendance à privilégier les explications mystiques au détriment de l'attention portée aux avertissements scientifiques, estimant que cela affaiblit la capacité des communautés à réagir efficacement.
Réactions communautaires et appel à la raison
Face à la détresse, des résidents ont sollicité l'intervention des chefs traditionnels efik et de la communauté Obutung, censée garder le sanctuaire du dieu Anansa, pour proposer des rites destinés à apaiser la divinité. Le PFN, tout en reconnaissant les prières soutenues dans la région, a insisté sur la nécessité de combiner la foi avec le respect des consignes officielles, afin de réduire les pertes humaines et matérielles à l'avenir.
Enjeux pour la gestion des risques au Nigeria
Ce débat met en lumière la tension entre croyances culturelles et stratégies de gestion des risques dans plusieurs régions du Nigeria. L'appel d'Ogar vise à encourager une meilleure appropriation des systèmes d'alerte, à renforcer la sensibilisation aux risques climatiques et à promouvoir une coopération entre autorités, organisations religieuses et communautés locales pour une résilience accrue.