Le leader de l'opposition au Parlement ghanéen, Alexander Afenyo-Markin, refuse de céder face aux pressions et maintient ses critiques sur le programme d'achat d'or de la Banque du Ghana, malgré les attaques personnelles et les tentatives de discrédit visant à étouffer son enquête sur les pertes estimées à 2,2 milliards de cedis.
Un contrôle parlementaire légitime face aux pertes du DGPP
Alexander Afenyo-Markin, leader de la Minorité au Parlement, insiste sur le fait que ses questions sur le programme d'achat d'or domestique (DGPP) de la Banque du Ghana relèvent de la responsabilité constitutionnelle de contrôle des dépenses publiques. Il rejette catégoriquement les accusations de motivations politiques ou personnelles, affirmant que ses interrogations visent uniquement à obtenir des comptes sur les pertes financières signalées.
Selon lui, les attaques personnelles dont il fait l'objet depuis qu'il a soulevé la question des pertes de 1,7 milliard de dollars (soit environ 22 milliards de cedis) en 2025 ne font que détourner l'attention des enjeux financiers réels. L'IMF, dans son évaluation récente, a d'ailleurs souligné que l'expansion rapide du DGPP a entraîné des pertes substantielles pour la Banque du Ghana et exposé l'institution à des risques quasi-fiscaux majeurs.
GoldBod et la Banque du Ghana : des rôles distincts, des responsabilités floues
Le PDG de GoldBod, Sammy Gyamfi, a tenté de clarifier la situation en affirmant que les pertes de 1,7 milliard de dollars ne concernaient pas directement GoldBod, mais bien la Banque du Ghana. Il a souligné que les états financiers audités de GoldBod pour 2025 affichaient un excédent opérationnel de 907 millions de cedis et un excédent global de plus de 5,4 milliards de cedis. Selon lui, GoldBod n'a joué qu'un rôle d'intermédiaire dans l'achat et l'agrégation de l'or pour le compte de la Banque centrale, sans être impliqué dans la vente ou la fixation des prix.
Cependant, l'IMF a mis en garde contre les risques financiers liés au DGPP, recommandant que les pertes associées soient intégrées de manière transparente dans le budget national. Cette position relance le débat sur la stratégie nationale de réserves d'or et la répartition des responsabilités entre les institutions impliquées.
La stratégie de l'opposition : poursuivre l'enquête malgré les obstacles
Afenyo-Markin a réaffirmé que l'intensité des réactions à ses questions renforçait, plutôt qu'affaiblissait, la nécessité d'une enquête approfondie. Il accuse des acteurs non identifiés d'avoir tenté de détourner l'attention en faisant de lui la cible de controverses personnelles, plutôt que de répondre aux questions de fond sur la gestion des fonds publics.
Le leader de la Minorité a rappelé que, quel que soit l'institution publique finalement responsable des pertes, le Parlement doit établir les causes de ces pertes, évaluer la valeur des transactions et déterminer les mesures pour éviter de futures expositions financières. Pour lui, l'enjeu immédiat reste la transparence et la responsabilité des institutions, indépendamment des tensions politiques qui entourent le dossier.