Le lieutenant‑général Abdel Fattah al‑Burhan a dénoncé mardi la proposition des États‑Unis d’étendre l’embargo sur les armes, déjà appliqué au Darfour, à l’ensemble du Soudan. Il a affirmé que les sanctions extérieures ne modifieraient pas la détermination de l’armée à défendre ce qu’il appelle la « bataille de la dignité ». La proposition a été rejetée par la Russie, la Chine et le gouvernement soudanais au Conseil de sécurité de l’ONU.
Proposition américaine au Conseil de sécurité
Lors d’une séance du Conseil de sécurité le lundi précédent, les États‑Unis ont présenté un texte visant à élargir l’embargo sur les armes, en vigueur depuis plus de vingt ans uniquement sur le Darfour, à l’ensemble du territoire soudanais. L’objectif affiché était de limiter les flux d’armes qui alimentent les conflits armés dans le pays, notamment dans les régions du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan du Sud.
Réactions de Khartoum et de ses alliés
Al‑Burhan a qualifié la mesure de « propagande » et a appelé les citoyens soudanais à ignorer les pressions extérieures. Il a souligné que le peuple ne serait pas « brisé » par des sanctions et que les tentatives de soumission via l’embargo ne permettraient pas aux opposants de prendre le pouvoir. Le chef de l’armée a également évoqué une éventuelle zone d’exclusion aérienne, la qualifiant d’invention sans fondement.
Opposition de la Russie et de la Chine
La Russie et la Chine ont voté contre le texte américain, rappelant que l’élargissement de l’embargo risquerait d’alimenter davantage l’instabilité régionale. Elles ont insisté sur la nécessité d’une solution politique au conflit soudanais, estimant que des mesures coercitives unilatérales pourraient nuire aux négociations en cours.
Enjeux de l’embargo au Darfour
L’embargo initial, instauré en 2004, vise à empêcher le commerce d’armes dans le Darfour, où des violations massives ont été dénoncées. Selon des responsables proches de l’armée, les Forces de Sécurité du Soudan (FSR) et leurs fournisseurs ont régulièrement contourné les restrictions, sans être sanctionnés. Des voix de la société civile et de la communauté internationale réclament une application stricte de l’embargo, estimant qu’il constitue un levier essentiel pour réduire les violences.