Le Dr Arthur Kobina Kennedy, activiste et médecin, a dénoncé les propos du juge en chef Paul Baffoe‑Bonnie, tenus lors de visites au SSNIT et au MIIF le 2 septembre, comme incompatibles avec la neutralité attendue d’une haute magistrature. Il a exigé des excuses et rappelé que la crédibilité du système judiciaire repose sur son impartialité.
Des remarques jugées politiques lors de visites officielles
Lors d’une visite au Fonds d’Investissement des Revenus Miniers (MIIF), le juge en chef a félicité l’institution et d’autres organismes publics pour une performance qu’il a qualifiée d’améliorée sous le gouvernement actuel. Il a ajouté que ces succès le poussaient à se demander « ce que le Ghana a réellement fait au cours des huit dernières années ». Au Social Security and National Insurance Trust (SSNIT), il a évoqué des projets antérieurs concernant les actifs de l’organisme et s’est interrogé sur la façon dont le pays aurait pu « sombrer si bas ».
Une réaction qui alimente le débat sur l’indépendance judiciaire
Ces déclarations ont déclenché une polémique, les observateurs estimant qu’elles introduisent une comparaison politique entre l’administration en place et son prédécesseur, ce qui pourrait éroder la confiance du public dans la neutralité de la magistrature. Le Dr Kennedy a souligné que, par la nature même de son mandat, le chef de la justice doit reconnaître d’emblée les limites de ses prises de parole publiques, sans recourir à une législation éthique spécifique.
Appel à la responsabilité et à la focalisation sur les défis internes
Au-delà de la critique des propos, le Dr Kennedy a rappelé les enjeux majeurs qui occupent la justice ghanéenne : retards dans les procédures d’appel, détentions prolongées, dossiers judiciaires manquants, corruption et affectation des panels. Il a exhorté le juge en chef à présenter des excuses publiques et à s’engager à ne plus reproduire de telles interventions, afin de préserver la réputation d’exemplarité de la magistrature.
Réaction officielle du Service judiciaire
Le Service judiciaire, dans un communiqué du 4 septembre, a reconnu une « réaction publique mitigée » aux observations du juge en chef, précisant que ses propos étaient faits de bonne foi et ne visaient pas à compromettre l’indépendance judiciaire. Le service a réaffirmé son engagement à garantir l’intégrité, l’équité et la justice devant la loi, sans annoncer d’excuse officielle de la part du juge.