Le chef adjoint suspendu du département de la police métropolitaine d'Ekurhuleni, Julius Mkhwanazi, est sous le coup d'un mandat d'arrêt pour des faits de fraude et de corruption. Cette procédure judiciaire s'inscrit dans le cadre d'une affaire plus vaste impliquant l'usage abusif de gyrophares, dite « blue light saga », et met en lumière des failles graves au sein des forces de sécurité locales.
Des accusations criminelles multiples
Au-delà des charges de corruption, Julius Mkhwanazi est directement impliqué dans une affaire de meurtre survenue en 2022. Il a été arrêté plus tôt ce mois-ci, aux côtés de quatre autres individus, pour le décès d'Emmanuel Mbense. La victime aurait été torturée à mort à Brakpan avant que son corps ne soit jeté dans un barrage. Ces interpellations font suite aux révélations de la Commission Madlanga, qui a établi des liens directs entre des agents de police et des membres de sociétés de sécurité privée dans l'exécution de cet acte criminel.
Le débat sur la liberté sous caution
Parallèlement à l'inculpation de Mkhwanazi, le tribunal de première instance de Brakpan examine les demandes de mise en liberté sous caution des six coaccusés dans l'affaire Mbense. La défense, représentée par l'avocat Jan van Heerden, conteste les arguments de l'IPID (Independent Police Investigative Directorate) qui craint une fuite des suspects. Pour appuyer sa requête, la défense a produit des échanges de messages prouvant la coopération passée de l'officier Bhekokwakhe Sibande avec les enquêteurs.
La fragilité des arguments de l'accusation
Lors de l'audience, l'enquêteuse de l'IPID, Nomsa Masuku, a été confrontée à ces preuves de communication. Bien qu'elle ait affirmé ne pas se souvenir des échanges WhatsApp spécifiques, elle a admis devant la cour qu'aucun des suspects n'avait fait défaut aux convocations précédentes. Cette reconnaissance fragilise la position de l'accusation, qui s'appuyait sur le risque de fuite pour s'opposer à la remise en liberté des prévenus. Julius Mkhwanazi doit, quant à lui, comparaître devant le tribunal de Germiston pour répondre des chefs d'accusation de fraude et de corruption liés à l'affaire des gyrophares.