Le Centre des Hautes Études de Défense et de Sécurité (CHEDS) a inauguré sa quatrième édition du colloque international à Dakar, plaçant la « résilience transformatrice » au cœur des débats sur l'avenir du continent. Face à l'instabilité sécuritaire, climatique et économique, les experts réunis appellent à dépasser les modèles de gestion de crise traditionnels pour bâtir des sociétés plus durables et équitables.
Au-delà de la simple résistance aux chocs
Pour les organisateurs du colloque, le concept classique de résilience, qui consiste à revenir à l'état initial après une perturbation, est devenu obsolète pour l'Afrique. Le professeur Saliou Ndiaye, coordonnateur de la commission scientifique, souligne que l'ambition est désormais de transformer les crises en leviers de changement structurel. Cette approche vise à tirer des leçons des chocs, tels que les récentes inondations, pour construire des systèmes plus robustes et justes, plutôt que de chercher à restaurer des modèles qui ont montré leurs limites.
Une vision décloisonnée de la sécurité
Le colloque prône une redéfinition profonde de la sécurité, qui ne doit plus être perçue sous le seul prisme de la protection de l'État ou des dispositifs militaires. Les travaux mettent en avant la nécessité d'intégrer la sécurité humaine, alimentaire, sanitaire et environnementale dans les politiques publiques. Cette vision holistique implique de renforcer la souveraineté économique et la transformation locale des ressources, tout en sécurisant les approvisionnements stratégiques pour garantir la stabilité des populations.
Le rôle central de la jeunesse et des femmes
La rencontre, qui rassemble environ 250 participants incluant décideurs, chercheurs et membres de la société civile, insiste sur l'inclusion des acteurs communautaires. La jeunesse, majoritaire sur le continent, est identifiée comme un pilier essentiel de la prévention des conflits et de la promotion de la paix locale. Parallèlement, le rôle des femmes dans la médiation et la cohésion sociale est mis en exergue comme un levier indispensable pour renforcer la résilience des États face aux instabilités croissantes.
Vers des recommandations pour l'action publique
À l'issue de ces deux jours de réflexion, les travaux visent à formuler des recommandations concrètes destinées aux décideurs politiques. Le Général Jean Diémé, directeur du CHEDS, a rappelé l'importance de ces échanges pour anticiper les crises, soulignant que la réponse aux défis contemporains exige une synergie entre la recherche stratégique, le secteur privé et les institutions régionales. Ces conclusions sont attendues comme une contribution majeure pour orienter les futures politiques publiques africaines vers une meilleure gestion des risques collectifs.