À une semaine des élections régionales en Saxe-Anhalt, le chancelier allemand Friedrich Merz exprime de vives inquiétudes concernant l'attractivité économique de la région. Il estime qu'une victoire du parti d'extrême-droite AfD, crédité de plus de 40 % dans les sondages, pourrait durablement effrayer les investisseurs internationaux.
Un risque pour l'attractivité du territoire
Le chef du gouvernement fédéral a publiquement mis en garde contre les conséquences d'un basculement politique inédit. Depuis 1945, aucun Land allemand n'a été dirigé par une formation d'extrême-droite. Friedrich Merz souligne qu'une telle configuration rendrait difficile la collaboration avec des acteurs économiques mondiaux, affirmant qu'il ne peut imaginer des investisseurs étrangers inaugurer de nouvelles usines aux côtés de dirigeants de l'AfD. Cette déclaration intervient alors que la Saxe-Anhalt figure parmi les régions les plus pauvres du pays, rendant l'enjeu de l'investissement extérieur crucial pour son développement.
Une dynamique électorale sous tension
Les projections actuelles placent l'AfD largement en tête avec plus de 40 % des intentions de vote, reléguant le parti du chancelier, la CDU, à environ 20 %. Cette situation fragilise la position de Friedrich Merz, dont la popularité est en berne. Au sein même de son camp, des figures locales comme Sven Schulze prennent leurs distances avec la ligne de Berlin, illustrant une fracture interne au sein de la CDU. Le chancelier, de son côté, tente de défendre son bilan en rappelant le retour de la croissance économique en Allemagne, malgré les critiques virulentes sur sa gestion gouvernementale.
L'isolement politique de l'AfD
Malgré la montée en puissance de l'AfD dans les sondages, les partis traditionnels maintiennent un front commun en excluant toute alliance gouvernementale avec cette formation. Si le scrutin en Saxe-Anhalt est scruté avec attention, d'autres échéances électorales suivront rapidement, notamment à Berlin. Dans la capitale, les rapports de force semblent pour l'heure plus favorables aux partis de gauche, offrant un contraste marqué avec la situation dans les Länder de l'Est. Le résultat de ce scrutin régional constituera un test majeur pour la stabilité politique du pays et la capacité des partis établis à contenir la progression de l'extrême-droite dans les urnes.