Le Centre for Social Justice interpelle le gouvernement nigérian sur le blocage des investissements publics de 2026

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 24 lectures
Le Centre for Social Justice interpelle le gouvernement nigérian sur le blocage des investissements publics de 2026

Le Centre for Social Justice (CSJ) a formellement sommé le gouvernement fédéral nigérian de débloquer les fonds alloués au budget d'investissement 2026. Cette organisation de la société civile dénonce une inertie budgétaire qui contrevient aux dispositions constitutionnelles et fragilise la mise en œuvre des projets d'infrastructure essentiels au pays.

Un blocage budgétaire en contradiction avec la loi

Dans une lettre ouverte adressée au ministre des Finances et coordonnateur de l'économie, Taiwo Oyedele, le CSJ souligne que, neuf mois après le début de l'exercice fiscal, aucun fonds n'a été libéré pour le budget d'investissement 2026. L'organisation rappelle que la Constitution de 1999 et la Loi sur la responsabilité budgétaire imposent une exécution stricte des budgets au cours de l'année civile pour laquelle ils ont été votés. Le report systématique des dépenses d'investissement sur les années suivantes est qualifié d'aberration administrative, générant une incertitude préjudiciable à la gestion des finances publiques.

Des recettes en hausse face à une exécution atone

Le paradoxe soulevé par le CSJ réside dans la santé financière apparente de l'État. Selon les données citées, les recettes publiques ont progressé de près de 50 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025, atteignant 21,6 billions de nairas. Malgré ces rentrées fiscales accrues, renforcées par la suppression des subventions aux carburants et des autorisations d'emprunt disponibles, les ministères et agences peinent à recevoir les financements nécessaires. Le CSJ note que même le budget 2025, en cours d'exécution prolongée, n'a pas été totalement financé, la plupart des entités publiques ayant reçu moins de la moitié des crédits prévus.

La responsabilité du Parlement en question

Au-delà de l'exécutif, le CSJ pointe du doigt le rôle du pouvoir législatif. L'organisation accuse l'Assemblée nationale de faillir à sa mission de contrôle constitutionnel en ne contraignant pas le gouvernement à respecter les lois de finances votées. Ce défaut de surveillance, observé depuis 2023, empêcherait une reddition de comptes efficace sur l'utilisation des deniers publics.

Risques pour les services publics et l'économie

L'absence de décaissement des fonds d'investissement menace directement la livraison des infrastructures et la qualité des services publics. Le CSJ avertit que cette situation pourrait aggraver les difficultés économiques des citoyens, créant un sentiment de détresse sociale. L'organisation exige désormais une transparence totale sur la gestion des revenus de l'État et une explication publique sur les raisons de ce gel prolongé des investissements, alors que les besoins de développement du pays restent critiques.

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