Le centre de santé communautaire de Lonto, situé dans la région Nord, traverse une crise infrastructurelle majeure qui entrave gravement la prestation des soins de santé. Entre absence d'installations sanitaires de base, matériel médical défectueux et pénurie de personnel, le personnel soignant et les résidents lancent un appel pressant aux autorités pour une intervention urgente.
Des conditions d'hygiène et de travail précaires
Le quotidien au centre de santé de Lonto est marqué par des carences structurelles alarmantes. L'établissement ne dispose d'aucune installation sanitaire, contraignant tant les patients que les cinq infirmiers en poste à utiliser la brousse environnante pour leurs besoins naturels. Cette situation expose la communauté à des risques accrus de maladies hydriques telles que le choléra et la diarrhée. À l'intérieur, le délabrement est visible : les dossiers médicaux s'entassent au sol faute de rangement, les draps sont absents, et l'absence de séparation entre les salles pour hommes, femmes et enfants compromet la dignité et le confort des patients.
Une prise en charge des urgences entravée
La capacité de réponse du centre face aux urgences est quasi inexistante. L'absence d'ambulance oblige les familles à transporter les cas critiques vers les hôpitaux de district, comme celui de Kpandai ou de Tamale, via des tricycles motorisés, une pratique périlleuse pour les patients. La situation est particulièrement critique pour les femmes enceintes : le centre ne possède qu'un seul lit d'accouchement, lequel est en mauvais état, rendant l'assistance aux parturientes extrêmement difficile. Ces obstacles sont aggravés par des ruptures récurrentes dans l'approvisionnement en médicaments, forçant les patients à s'approvisionner par leurs propres moyens.
Un personnel soignant sous tension
Malgré ces conditions, une équipe réduite de cinq infirmiers tente de maintenir le service public. Magdalene Demyomah, infirmière communautaire, souligne que la charge de travail est disproportionnée par rapport aux moyens disponibles. Le centre fait face à une recrudescence de grossesses précoces, augmentant la pression sur une structure déjà saturée. Si les résidents reconnaissent les efforts fournis par le personnel, ils dénoncent les délais d'attente prolongés et le manque de matériel de base, comme les draps, qui découragent une partie de la population de fréquenter l'établissement. L'appel lancé par le personnel soignant vise désormais une réhabilitation complète des infrastructures et un renforcement des équipements pour garantir un accès minimal aux soins dans cette localité.