Le lycée Adoum Dallah de Moundou est devenu, ce lundi 14 septembre 2026, le point de convergence pour 280 candidats originaires des provinces du sud du Tchad. Ces postulants concourent pour intégrer les filières du cycle court de la Faculté des sciences de la santé humaine de l'Université de N'Djamena, une voie de formation accélérée visant à répondre aux besoins en personnel paramédical.
Une dynamique de recrutement décentralisée
Le choix de Moundou comme centre d'examen principal pour la zone méridionale témoigne d'une volonté de faciliter l'accès aux épreuves pour les candidats issus de localités éloignées. Des étudiants venus de Pala, Léré, Bongor, Sarh, Koumra et Doba ont ainsi pu se présenter pour tenter d'intégrer des spécialités variées telles que la nutrition, l'anesthésie, l'ophtalmologie, les soins obstétricaux, les soins infirmiers et la biomédicale. Madjibeye Chimène, point focal de l'Office national des examens et concours du supérieur (ONECS), a supervisé le lancement de ces épreuves qui structurent le parcours académique des futurs professionnels de santé.
Une présence féminine marquée dans les filières médicales
L'un des faits saillants de cette session est l'intérêt soutenu des jeunes femmes pour les carrières de santé. Sur les 280 inscrits, 78 sont des filles, une participation jugée notable par les autorités académiques. Cette tendance est particulièrement visible dans les domaines de la biomédicale et des soins infirmiers, où les candidates sont nombreuses. Cette orientation vers des formations techniques courtes souligne une volonté croissante de la jeunesse tchadienne de s'insérer rapidement dans le secteur médical.
La question de l'accès à la formation pour les détenus
En marge du concours, la question de l'accès aux études supérieures pour les personnes privées de liberté a été soulevée. Si la participation physique aux épreuves est impossible pour les détenus titulaires du baccalauréat en raison de leur situation judiciaire, des dispositifs de formation professionnelle existent déjà au sein des établissements pénitentiaires. Avec un taux de réussite de 100 % au baccalauréat cette année parmi les détenus, une réflexion est en cours pour renforcer cet accompagnement. L'enjeu est ici de transformer ces résultats académiques en leviers de réinsertion sociale et professionnelle, en adaptant les offres de formation au milieu carcéral.
L'enjeu du cycle court dans le système de santé
La spécificité de ce concours réside dans le format des études proposées. Contrairement au cursus long, qui forme les médecins et pharmaciens sur plusieurs années, le cycle court permet une spécialisation rapide. Cette approche répond à une nécessité opérationnelle : former des techniciens et des auxiliaires médicaux capables de renforcer le maillage sanitaire du pays dans des délais réduits, tout en garantissant une qualification adaptée aux besoins immédiats des structures de soins.