Le centre de formation professionnelle de l'UNRWA à Qalandiya, pilier éducatif pour les réfugiés palestiniens à Jérusalem-Est, fait face à une menace existentielle après plusieurs incursions des forces israéliennes. Cette escalade, marquée par l'expulsion du personnel et des projets de réaffectation du site, fragilise l'accès à l'emploi de centaines de jeunes dans un contexte de crise économique sévère.
Un outil d'insertion professionnelle sous pression
Depuis 1952, le centre de Qalandiya joue un rôle crucial en offrant des diplômes techniques dans 16 spécialisations, allant de la menuiserie aux télécommunications. Avec un taux d'insertion professionnelle de 90 % pour ses 340 diplômés annuels, l'établissement constitue un levier d'autonomie essentiel pour une population où le chômage touche près d'un tiers des actifs. La récente incursion, à laquelle a participé le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, a conduit à l'expulsion de 40 membres du personnel et au saccage des installations, compromettant la rentrée scolaire prévue pour septembre.
Conflit de souveraineté et statut juridique
Les autorités israéliennes ont annoncé leur intention de transférer le terrain à la municipalité de Jérusalem pour y établir un complexe éducatif, arguant d'une propriété foncière liée au Fonds national juif. De son côté, l'UNRWA rappelle que le site, situé en territoire palestinien occupé, bénéficie des privilèges et immunités accordés aux agences des Nations unies en vertu du droit international. L'agence onusienne souligne que toute tentative de saisie contrevient à son mandat et à la protection dont jouissent ses infrastructures.
Une stratégie d'érosion des services onusiens
Cette offensive contre le centre de Qalandiya s'inscrit dans une campagne plus large visant à restreindre les activités de l'UNRWA dans les territoires occupés. Depuis 2024, plusieurs lois ont été adoptées par la Knesset pour limiter l'influence de l'agence, tandis que des écoles ont été fermées et des visas refusés au personnel international. Pour de nombreux observateurs et anciens bénéficiaires, ces actions dépassent le cadre foncier : elles visent à démanteler les structures qui incarnent le droit au retour et la reconnaissance du statut de réfugié palestinien, tout en aggravant la précarité financière d'une institution déjà privée de fonds par des accusations non étayées de liens avec des groupes armés.