La monnaie ghanéenne traverse une phase de fragilité marquée par une dépréciation de 1,86 % en juillet, rompant avec la dynamique positive observée en juin. Cette pression sur le taux de change est principalement alimentée par une demande croissante en dollars pour financer les importations énergétiques et anticiper les stocks commerciaux de la période des fêtes de fin d'année.
Une pression structurelle sur les réserves de change
Après une embellie en juin, portée par une injection massive de 2,01 milliards de dollars de la Banque centrale du Ghana (BoG), le cedi a repris sa tendance baissière. Depuis le début de l'année, la monnaie a enregistré une dépréciation cumulée de 8,06 %. Cette volatilité est exacerbée par les coûts liés aux importations de pétrole brut, qui exigent des volumes de devises étrangères constants, ainsi que par l'anticipation des entreprises qui renforcent leurs stocks en prévision de la saison commerciale de décembre.
La stratégie de stabilisation de la Banque centrale
Malgré ces indicateurs, la Banque centrale du Ghana qualifie ces mouvements de développements normaux du marché et affiche une confiance quant à la stabilité de la monnaie pour le reste de l'année 2026. L'institution mise sur une gestion proactive des flux de change pour tempérer les tensions. Elle prévoit notamment d'injecter environ 500 millions de dollars sur le marché en septembre via son programme d'intermédiation, tout en maintenant une politique de flexibilité du taux de change pour absorber les chocs extérieurs.
Le rôle stratégique des flux de devises et des transferts
Pour soutenir le cedi, les autorités monétaires s'appuient également sur les entrées de fonds provenant des transferts de la diaspora et sur une collaboration accrue avec le Ghana Gold Board. Ce dernier devrait générer 1,4 milliard de dollars de recettes en devises au cours du mois de septembre. Sur ce montant, 700 millions de dollars seront directement injectés dans le système bancaire commercial pour soutenir la liquidité, tandis que les 700 millions restants seront alloués à l'accumulation de réserves dans le cadre de la politique nationale accélérée de réserve (GANRAP). Ces mesures visent à rassurer les acteurs économiques sur la capacité du pays à maintenir des conditions de marché ordonnées malgré les pressions saisonnières.