La monnaie ghanéenne traverse une phase de volatilité marquée, enregistrant une dépréciation de plus de 11 % depuis le début de l'année. Cette tendance, observée tant sur le marché interbancaire que dans les bureaux de change, souligne la vulnérabilité du cedi face à une demande accrue en devises étrangères.
Une érosion persistante face au dollar
Sur les deux dernières semaines, le cedi a reculé de 1,42 % sur le marché interbancaire, s'échangeant à 11,79 GH¢ pour un dollar. Dans le secteur du détail, la situation est similaire avec une dépréciation de 1,45 %, portant le cours à 12,10 GH¢. Cette dynamique est largement alimentée par une demande soutenue liée aux importations pré-festives, couplée à des coûts énergétiques élevés qui pèsent sur la balance commerciale du pays.
Des performances contrastées selon les devises
Si la monnaie nationale peine à contenir la progression du billet vert, elle affiche une résilience variable face aux autres devises majeures. Le cedi a enregistré une appréciation de 0,35 % face à l'euro sur le marché interbancaire, atteignant 13,20 GH¢. Dans le réseau de détail, la tendance est également favorable face à la livre sterling et à l'euro, avec des gains respectifs de 0,47 % et 0,55 % en fin de période.
Les leviers de stabilisation de la Banque du Ghana
Pour contrer cette instabilité, les analystes pointent le rôle crucial des interventions de la Banque du Ghana (BoG) et des revenus issus des ventes d'or au comptant. Ces flux pourraient offrir un répit temporaire et favoriser une brève période de stabilité sur le marché. Toutefois, la pérennité de cette appréciation dépendra de la capacité de la banque centrale à équilibrer ses objectifs d'accumulation de réserves tout en satisfaisant les besoins en devises du marché.
Perspectives et risques à court terme
Les prévisions tablent sur une fourchette de négociation située entre 11,60 et 12,10 GH¢ pour un dollar. Bien que le seuil de 12,00 GH¢ puisse agir comme un plafond à court terme, les risques de dépréciation nominale restent réels. Si la pression exercée par les coûts de l'énergie et la demande d'importation continue de surpasser l'offre de devises disponibles, la monnaie ghanéenne pourrait subir de nouvelles pressions baissières dans les semaines à venir.