Le Centre for Democratic Development (CDD-Ghana) exprime de vives préoccupations concernant les omissions relevées dans l'audit des dépenses liées à la pandémie de COVID-19. Ces lacunes, soulevées par des enquêtes journalistiques, fragilisent la confiance envers le Bureau de l'Auditeur général, pilier central de l'architecture de redevabilité du pays.
Un pilier de la redevabilité fragilisé
Pour les organisations de la société civile, le Parlement et les citoyens, les rapports de l'Auditeur général constituent une référence indispensable pour le suivi des finances publiques. Vera Abena Addo, responsable au sein du CDD-Ghana, souligne que l'intégrité de ces documents est cruciale. Si la fiabilité des données produites par cette institution est remise en question, c'est l'ensemble du mécanisme de contrôle démocratique qui se trouve affaibli, entravant la capacité des acteurs de la société civile à mener des missions de surveillance efficaces.
L'impact sur les initiatives de lutte contre la corruption
L'importance de ces rapports dépasse le cadre théorique. Récemment, le CDD-Ghana et ses partenaires, dont la Ghana Anti-Corruption Coalition et Transparency International Ghana, ont utilisé les recommandations de l'Auditeur général pour mener des travaux de suivi dans 24 districts, avec le soutien de l'Union européenne. La découverte d'écarts significatifs entre les dépenses auditées officiellement et les montants identifiés par des enquêtes indépendantes, notamment celles du journaliste Manasseh Azure Awuni, pose un problème de crédibilité majeur pour les institutions engagées dans la lutte contre la corruption.
L'exigence d'une réponse officielle
Face à l'ampleur des omissions constatées, le CDD-Ghana appelle le Service d'audit à fournir des explications claires et détaillées. Selon Mme Addo, les premières réactions fournies par l'institution n'ont pas permis d'apaiser les inquiétudes ni de répondre aux questions soulevées par les divergences chiffrées. L'enjeu est désormais de savoir si le Service d'audit pourra restaurer la confiance publique en justifiant ces erreurs, ou si ces manquements persisteront comme un obstacle durable à la transparence financière au Ghana.