Le Centre for Democratic Development (CDD-Ghana) a officiellement demandé la démission d'Emelia Afi Agbenyo, récemment nommée vice-présidente de la Commission électorale (EC). Cette requête fait suite à des allégations d'affiliation politique avec le parti au pouvoir, le National Democratic Congress (NDC), soulevant des inquiétudes majeures sur l'indépendance de l'organe en charge des scrutins nationaux.
Une exigence de neutralité institutionnelle
Pour le CDD-Ghana, la crédibilité du processus électoral repose sur la perception d'impartialité des membres de la Commission. Paul Aborampah Mensah, responsable des programmes au sein de l'organisation, a souligné que la nomination d'Emelia Afi Agbenyo, actée le 12 octobre par le président John Dramani Mahama, fragilise la confiance du public. L'organisation exhorte le chef de l'État à conseiller à la commissaire de quitter ses fonctions, ou à cette dernière de prendre l'initiative de démissionner pour des raisons morales et éthiques.
Les risques de la politisation des organes de contrôle
Au-delà du cas individuel, le CDD-Ghana alerte sur une tendance préoccupante : l'influence croissante des changements de gouvernement sur la composition des institutions clés du pays. Selon Paul Aborampah Mensah, cette pratique menace la stabilité démocratique du Ghana. L'organisation insiste sur la nécessité de sanctuariser ces institutions pour éviter qu'elles ne deviennent des instruments au service des partis politiques, ce qui pourrait, à terme, compromettre la gestion des élections et la paix sociale.
L'enjeu de la confiance citoyenne
Bien que le président Mahama ait officiellement appelé les nouveaux commissaires, dont le Dr Joseph Kweku Asamoah, à faire preuve d'une impartialité absolue lors de leur prestation de serment, la controverse persiste. Le débat public actuel met en lumière une exigence citoyenne forte : celle de garantir que les acteurs chargés de valider le choix des dirigeants nationaux soient exempts de tout soupçon de connivence partisane. Le CDD-Ghana prévient que la persistance de ces pratiques pourrait avoir des conséquences durables sur la qualité et l'acceptation des résultats électoraux futurs.