Le Conseil constitutionnel sénégalais a douché les espoirs de transparence dans la gestion des fonds politiques en rejetant la proposition de loi portée par le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes. Dans un communiqué cinglant, les députés de ce parti d'opposition dénoncent un « blocage présidentiel » systématique et promettent de poursuivre le combat, malgré l'échec législatif.
Une réforme vitale pour la transparence, enterrée par le CC
La proposition de loi, déposée à l'Assemblée nationale, visait à encadrer le régime juridique des « fonds politiques », ces crédits spéciaux souvent critiqués pour leur opacité. Selon ses promoteurs, ce texte devait compléter le dispositif normatif en faveur d'une gestion publique plus rigoureuse. Pourtant, le Conseil constitutionnel a rendu une décision défavorable, privant le Sénégal d'un outil clé pour lutter contre les dérives financières dans la gestion des deniers publics.
PASTEF accuse le président de violer ses promesses électorales
Le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes fustige ce qu'il qualifie d'« opposition systématique » du chef de l'État aux réformes de rupture promises lors de la campagne présidentielle. Dans son communiqué, il dénonce l'utilisation récurrente de « leviers présidentiels de blocage » pour étouffer les initiatives législatives visant à renforcer la transparence. Pour les députés de PASTEF, les fonds politiques, « sans contrôle ni vérification », resteront un instrument de gouvernance opaque, en contradiction avec les aspirations populaires à une gestion plus responsable des ressources publiques.
Une bataille politique qui ne fait que commencer
Malgré ce revers, PASTEF affirme sa détermination à faire aboutir ce projet, quels que soient les obstacles institutionnels. « À terme, cette loi, ainsi que toutes celles qui participent à la transparence dans la gestion des deniers des Sénégalais, verront le jour », martèle le communiqué. Le groupe promet de relancer la pression sur les institutions, tout en avertissant que « cette dynamique de transparence peut être enrayée, mais elle ne saurait être interrompue ». L'issue de ce bras de fer législatif reste incertaine, mais la mobilisation citoyenne et politique autour de la redevabilité des dirigeants semble désormais inévitable.