Le Royaume-Uni fait face à une augmentation significative du nombre de cas de cancer de la prostate, avec plus de 68 000 nouveaux diagnostics enregistrés chaque année. Cette pathologie, désormais la plus fréquente dans le pays, touche aujourd'hui environ 600 000 hommes, soit une hausse de 100 000 individus depuis 2020.
Une pathologie souvent asymptomatique
La progression de la maladie est corrélée au vieillissement et à la croissance démographique, selon les experts de Macmillan Cancer Support. L'un des défis majeurs réside dans la nature silencieuse de ce cancer : à ses débuts, il se développe fréquemment sans aucun symptôme apparent. Cette absence de signes cliniques immédiats entretient des idées reçues, poussant certains hommes à négliger le dépistage sous prétexte qu'ils se sentent en bonne santé. Les symptômes n'apparaissent généralement que lorsque la tumeur atteint une taille suffisante pour exercer une pression sur l'urètre.
Le rôle crucial de la prévention et du dépistage
Si le cancer de la prostate concerne majoritairement les hommes de plus de 50 ans, certains groupes présentent des risques accrus, notamment les hommes noirs et ceux ayant des antécédents familiaux. Le diagnostic repose principalement sur le test sanguin PSA (antigène prostatique spécifique). Toutefois, l'approche médicale reste nuancée : le Comité national de dépistage du Royaume-Uni a récemment déconseillé le dépistage systématique de l'ensemble de la population masculine, estimant que les risques de surdiagnostic et les effets secondaires pourraient être préjudiciables.
Vers une stratégie ciblée pour les populations à risque
Face à ces recommandations, les autorités sanitaires privilégient désormais une approche ciblée. Des essais cliniques sont en cours d'extension pour inclure systématiquement les hommes noirs éligibles, identifiés comme une population à risque. Parallèlement, les experts recommandent un suivi spécifique pour les hommes porteurs de mutations génétiques identifiées. Le corps médical insiste sur l'importance d'un dialogue personnalisé avec le médecin traitant pour évaluer la pertinence d'un test, rappelant que le refus d'un examen physique ne constitue pas un obstacle à la réalisation d'un test sanguin PSA.