Le canal de Panama restreint son trafic maritime face à une sécheresse historique aggravée par El Niño

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
Le canal de Panama restreint son trafic maritime face à une sécheresse historique aggravée par El Niño
Photo par Edwin Stanley Portillo Rodriguez sur Pexels

Face à une baisse drastique des précipitations dans son bassin hydrographique, l'Autorité du canal de Panama (ACP) a annoncé une réduction progressive de sa capacité opérationnelle. Dès septembre, le nombre de navires autorisés à transiter quotidiennement passera de 36 à 32, une mesure d'urgence dictée par les effets du phénomène climatique El Niño sur les réserves d'eau douce.

Une gestion hydraulique sous tension

Le fonctionnement du canal repose sur l'eau stockée dans les lacs artificiels de Gatun et d'Alhajuela. Or, les données de l'ACP révèlent une situation critique : entre mai et août, les précipitations cumulées ont été inférieures de 34 % à la moyenne historique, tandis que le volume d'eau entrant dans le bassin a chuté de 44 % par rapport à la normale. Cette pénurie contraint l'autorité à limiter le trafic pour préserver la durabilité à long terme de cette infrastructure stratégique, par laquelle transite environ 5 % du commerce maritime mondial.

Un impact direct sur la logistique mondiale

La réduction des transits, qui s'opérera en deux étapes — 34 navires par jour dès le 3 septembre, puis 32 à compter du 15 septembre — risque d'allonger considérablement les temps d'attente pour les navires sans réservation confirmée. Cette situation fragilise les chaînes d'approvisionnement des principaux utilisateurs du canal, parmi lesquels figurent les États-Unis, la Chine, le Japon, le Chili et la Corée du Sud. L'ACP a d'ores et déjà prévenu les compagnies maritimes que de nouvelles restrictions pourraient être nécessaires si les conditions météorologiques ne s'améliorent pas.

Le spectre d'un phénomène climatique exceptionnel

L'épisode actuel d'El Niño, amplifié par le réchauffement climatique d'origine humaine, est anticipé comme l'un des plus intenses jamais enregistrés. Les prévisions météorologiques laissent craindre une aggravation du déficit pluviométrique pour les mois à venir et jusqu'en 2027. Ce phénomène, qui modifie les régimes de vents et de précipitations à l'échelle planétaire, place le canal de Panama dans une situation de vulnérabilité inédite. À titre de comparaison, lors de l'épisode de 2023, la baisse des niveaux d'eau avait déjà forcé l'autorité à réduire le nombre de passages quotidiens jusqu'à 22 navires, illustrant les risques croissants que font peser les dérèglements climatiques sur les infrastructures critiques du commerce international.

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