Le canal de Panama, axe stratégique par lequel transite 5 % du commerce maritime mondial, fait face à une crise hydrique majeure. L'Autorité du canal de Panama (ACP) a annoncé une réduction progressive du nombre de navires autorisés à emprunter cette voie cruciale, conséquence directe du déficit pluviométrique engendré par le phénomène climatique El Niño.
Une réduction graduelle du trafic quotidien
Dès le 3 septembre, la capacité opérationnelle du canal sera abaissée à 34 passages quotidiens, contre 36 actuellement. Cette restriction sera accentuée dès le 15 septembre, avec un nouveau palier fixé à 32 navires par jour. Ces mesures visent à préserver la durabilité des opérations face à une baisse préoccupante des niveaux d'eau dans les lacs artificiels de Gatun et d'Alhajuela, indispensables au fonctionnement des écluses.
La dépendance aux cycles climatiques
Le canal de Panama repose sur un système complexe de gestion des eaux de pluie. Le phénomène El Niño, qui se caractérise par un réchauffement des eaux de surface dans le Pacifique équatorial, perturbe les régimes de précipitations à l'échelle mondiale. Cette année, les modèles météorologiques anticipent un épisode d'une intensité exceptionnelle, forçant l'ACP à anticiper des conditions hydriques dégradées. Par le passé, des épisodes similaires avaient déjà contraint l'autorité à des mesures drastiques, réduisant parfois le trafic jusqu'à 22 navires par jour en 2023.
Des répercussions sur le commerce international
Au-delà de la gestion technique de l'infrastructure, cette situation souligne la vulnérabilité des chaînes logistiques mondiales face aux dérèglements climatiques. Les États-Unis et la Chine, principaux utilisateurs de cette voie reliant l'Atlantique au Pacifique, sont directement exposés aux ralentissements du transit. En complément de la limitation du nombre de navires, l'ACP a déjà imposé des restrictions sur le tirant d'eau autorisé, une mesure technique visant à permettre aux navires de franchir le canal malgré la baisse des niveaux d'eau. La persistance de la sécheresse, qui affecte également d'autres pays d'Amérique centrale comme le Honduras, laisse présager une période de tension prolongée pour le transport maritime international.