Le gouvernement fédéral du Canada a déposé un projet de loi visant à prolonger la suspension de la taxe d’accise de 10 cents par litre sur l’essence jusqu’à la fin janvier 2027, avec un rétablissement progressif à partir d’avril. Cette mesure, présentée par le ministre des Finances François‑Philippe Champagne, se veut un soutien immédiat aux agriculteurs, aux ménages et aux transporteurs face à la persistance de prix élevés du carburant.
Calendrier de la remise en place de la taxe
Initialement suspendue depuis le 14 avril 2023, la taxe d’accise fédérale sur l’essence était prévue jusqu’à la fête du Travail. Le texte de loi adopté prolonge désormais cette suspension jusqu’à la fin du mois de janvier 2027. Un allègement partiel de 5 cents par litre sera appliqué jusqu’à la fin mars 2027, avant que le taux complet de 10 cents ne soit rétabli en avril de la même année.
Motifs avancés par le gouvernement libéral
François‑Philippe Champagne a souligné que la mesure était « très directe, immédiate, très simple » et qu’elle bénéficiait à l’ensemble du pays. Selon le ministre, le gel de la taxe aide concrètement les agriculteurs, les familles et les camionneurs, en réduisant le coût du carburant à un moment où les prix restent élevés en raison de tensions géopolitiques, notamment le goulot d’étranglement du détroit d’Ormuz.
Demandes des conservateurs : au‑delà du gel, la suppression totale
Le porte‑parole conservateur Jasraj Hallan a indiqué que les députés du Parti conservateur pressaient le gouvernement libéral d’aller plus loin, en supprimant définitivement la taxe sur l’essence et le diesel jusqu’à la fête du Canada 2027. Les conservateurs réclament également l’abrogation du Règlement sur les combustibles propres et de la taxe industrielle sur le carbone, estimant que cela permettrait aux Canadiens d’économiser jusqu’à 25 cents par litre.
Contexte international et perspectives
La suspension initiale de la taxe avait été déclenchée après la flambée des prix du carburant liée à la guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui a perturbé l’approvisionnement en pétrole via le détroit d’Ormuz. Le ministre des Finances a reconnu qu’il est impossible de prédire l’évolution du marché en 2027, mais a exprimé l’espoir d’une stabilisation des prix et d’une résolution du conflit dans la région d’ici là.