Le Canada contre-attaque. À moins d’une semaine des élections de mi-mandat aux États-Unis, Ottawa a dévoilé une liste de 700 produits américains qui feront l’objet de surtaxes douanières allant jusqu’à 50 %, visant des secteurs stratégiques dans des États républicains clés. Une réponse proportionnelle aux droits de douane de 50 % imposés par Donald Trump contre les exportations canadiennes, annoncée comme une mesure de protection des travailleurs, agriculteurs et entreprises locales.
Des cibles précises dans les bastions républicains
Les produits américains taxés représentent un volume d’importation de 27,6 milliards de dollars canadiens (17 milliards d’euros), avec des surtaxes variant entre 15 % et 50 %. Les secteurs les plus touchés incluent l’acier et l’aluminium, déjà soumis à des droits de 25 %, qui verront leur taxation doubler. Les vêtements et les meubles, eux, subiront une surtaxe de 50 %, une mesure susceptible de peser sur les consommateurs américains dans des États comme le Wisconsin, le Vermont ou l’Iowa, traditionnellement républicains.
Une riposte calculée, mais risquée
Le gouvernement canadien justifie ces mesures par la nécessité de protéger ses industries et ses emplois, après l’annonce des tarifs américains. Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a souligné que les contre-mesures, « équivalentes au dollar près et au taux près », s’accompagnent d’un soutien financier de plusieurs milliards de dollars pour les secteurs affectés. Une stratégie qui pourrait, selon les observateurs, influencer l’opinion publique américaine à l’approche du scrutin.
Un bras de fer économique aux enjeux politiques
Cette escalade commerciale intervient dans un contexte électoral tendu aux États-Unis, où les républicains, majoritaires au Congrès, pourraient voir leur position affaiblie si les mesures canadiennes affectent directement leurs électeurs. Mark Carney, premier ministre canadien, a d’ailleurs choisi de dévoiler cette liste en milieu de semaine, laissant peu de temps à Washington pour réagir avant le 8 septembre, date d’entrée en vigueur des surtaxes. Une tactique qui rappelle les tensions commerciales récurrentes entre les deux pays, mais avec un calendrier électoral qui ajoute une dimension politique inédite.