Depuis le mois d'août 2023, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a expulsé 111 personnes suspectées d'être impliquées dans des violences d'extorsion touchant les communautés sud‑asiatiques. Cette campagne s'inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre le crime organisé et vise à protéger la sécurité publique.
Une opération ciblée depuis l’été 2025
L’ASFC a mobilisé des ressources dès août 2025 pour identifier les dossiers d’immigration et de réfugiés liés à l’extorsion dans l’Ouest canadien, avant d’étendre le dispositif à l’Ontario en novembre de la même année. L’objectif est de vérifier la conformité des dossiers avec la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) et de renvoyer les personnes dont les dossiers ne respectent pas la législation.
Décomptes des expulsions et zones les plus touchées
Sur les 111 déportations, 58 ont eu lieu dans la région du Pacifique, 30 dans les Prairies et 23 dans le Grand Toronto. Au total, 188 mesures de renvoi ont été prononcées, dont 91 en Colombie‑Britannique, 47 dans les Prairies et 50 dans la région du Grand Toronto. Quatre cas récents ont été mis en avant par l’agence : un individu reconnu comme membre d’une organisation criminelle, un autre accusé de crimes graves selon la LIPR, un troisième lié à des activités impliquant des armes à feu, et un quatrième associé à une structure criminelle systématique.
Le rôle du gang Bishnoi et la réponse du gouvernement
Les autorités fédérales ont souligné l’implication du gang de Lawrence Bishnoi, originaire d’Inde, dans les réseaux d’extorsion ciblant la diaspora sud‑asiatique. Ce groupe a été inscrit sur la liste des organisations terroristes en septembre dernier, après que Sécurité publique Canada l’a accusé de perpétrer extorsions, intimidations, meurtres, fusillades et incendies criminels. La désignation vise à faciliter les mesures de répression et à renforcer la coopération avec les partenaires de l’application de la loi.
Impacts sur les communautés et mesures de prévention
Surrey, en Colombie‑Britannique, figure parmi les villes les plus affectées : la police locale a enregistré 139 cas d’extorsion depuis le début de l’année, dont 21 impliquant des coups de feu, deux incendies criminels et 74 victimes. L’ASFC a mis en place une ligne téléphonique dédiée pour que le public signale tout indice de violence liée à l’extorsion, renforçant ainsi la participation citoyenne à la lutte contre le crime organisé. Ces actions combinées visent à réduire la peur au sein des communautés sud‑asiatiques et à restaurer la confiance dans les institutions d’immigration et de sécurité.