La décision du procureur militaire israélien de ne pas ouvrir d'enquête pénale sur les frappes ayant coûté la vie à sept travailleurs humanitaires de l'organisation World Central Kitchen en avril 2024 suscite une vive condamnation internationale. Le Canada et l'Australie, dont des ressortissants figurent parmi les victimes, jugent cette issue inacceptable et réclament une responsabilisation réelle face à ce qu'ils considèrent comme des manquements graves au droit international humanitaire.
Une fin de non-recevoir judiciaire
L'armée israélienne a justifié la clôture du dossier en affirmant que les frappes, qui ont visé un convoi pourtant coordonné et clairement identifié, résultaient d'une erreur d'identification des cibles, confondues avec des membres du Hamas. Bien que deux officiers aient été démis de leurs fonctions et trois autres réprimandés à la suite de l'incident, le procureur militaire a conclu qu'aucun soupçon raisonnable de faute pénale ne justifiait des poursuites. Cette position a été immédiatement contestée par World Central Kitchen, qui accuse l'armée de brouiller les pistes et de rejeter la responsabilité sur des tiers.
La réaction diplomatique du Canada et de l'Australie
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a qualifié cette décision d'inacceptable, soulignant que l'absence de poursuites prive les familles des victimes de réponses essentielles. De son côté, le gouvernement australien a exprimé une indignation similaire, jugeant les sanctions internes infligées aux officiers largement insuffisantes. La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a annoncé la convocation de l'ambassadeur d'Israël, qualifiant l'annonce du procureur d'insultante, particulièrement en raison de sa coïncidence avec la Journée mondiale de l'aide humanitaire.
Un climat d'impunité dénoncé
Au-delà du cas spécifique de World Central Kitchen, cette décision s'inscrit dans un contexte plus large de refus de poursuites pénales pour des incidents similaires. L'armée israélienne a en effet confirmé qu'aucune enquête criminelle ne serait ouverte concernant la mort de quatre membres du personnel de Médecins sans frontières, survenue lors d'incidents distincts entre novembre 2023 et février 2024. Ces développements renforcent les appels internationaux en faveur d'enquêtes indépendantes, alors que les organisations humanitaires continuent de souligner les risques extrêmes auxquels elles sont exposées dans la bande de Gaza.