Le gouvernement canadien a officiellement activé des mesures de rétorsion tarifaire en réponse aux taxes imposées par les États-Unis sur 28 milliards de dollars de produits canadiens. Le premier ministre Mark Carney justifie cette décision par la nécessité de protéger les travailleurs et les entreprises nationales, tout en reconnaissant les défis économiques à venir.
Une riposte ciblée sur les secteurs stratégiques
La réponse canadienne, entrée en vigueur récemment, vise des produits américains d'une valeur équivalente à ceux frappés par les taxes de 50 % imposées par Washington fin août. Ces mesures de rétorsion ciblent des secteurs clés, notamment l'acier, l'aluminium, les produits forestiers et les produits laitiers. Pour le gouvernement, cette action est présentée comme un impératif de souveraineté économique : il s'agit de ne plus laisser les produits américains entrer sans droits de douane alors que les exportations canadiennes subissent une surtaxe outre-frontière.
Soutien financier aux secteurs impactés
Conscient que cette escalade commerciale pèsera sur certains segments de la population, le gouvernement a annoncé une enveloppe de 7,5 milliards de dollars. Ce fonds est destiné à fournir un soutien au revenu et des formations de recyclage aux travailleurs affectés, tout en facilitant l'accès aux capitaux pour les petites entreprises. Cette aide ciblée vise particulièrement les industries de l'automobile, de la foresterie et de la métallurgie, placées en première ligne de ce conflit commercial.
La diversification comme stratégie de souveraineté
Au-delà de la gestion de crise immédiate, Mark Carney réaffirme la volonté du Canada de réduire sa dépendance économique vis-à-vis de son voisin du sud. Le premier ministre qualifie la diversification des partenariats commerciaux internationaux de « plan A » plutôt que de solution de repli. Selon lui, cette stratégie est essentielle pour éviter que le Canada ne soit vulnérable aux pressions politiques américaines, qu'il accuse de chercher à instaurer une relation de dépendance plutôt qu'un partenariat économique équitable.