Le Canada contre-attaque : Ottawa dévoile sa riposte aux surtaxes américaines sur l’acier et les voitures

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 21 lectures
Le Canada contre-attaque : Ottawa dévoile sa riposte aux surtaxes américaines sur l’acier et les voitures

Ottawa contre-attaque. Mardi, le gouvernement canadien détaillera sa réponse aux nouvelles surtaxes américaines de 50 % sur l’acier et les voitures, annoncées par Donald Trump pour 2027. Une escalade commerciale qui survient après l’échec des négociations et menace les 70 % d’exportations canadiennes vers son voisin du Sud.

Des surtaxes américaines ciblées et politiquement explosives

Donald Trump a justifié ses mesures par des accusations de « pillage » économique, promettant d’augmenter les droits de douane sur les voitures, camions, pièces automobiles et acier à partir du 1er janvier 2027. Ces produits, déjà taxés à 50 % pour une partie d’entre eux, voient leurs surtaxes étendues à d’autres secteurs comme le ciment, le vin ou les crosses de hockey. Une liste de 20 milliards de dollars de produits canadiens visés, initialement prévue pour août 2025, avait été reportée en attendant un accord.

Pour Ottawa, ces demandes américaines sont jugées « injustes » et menacent des industries stratégiques. Le Premier ministre Mark Carney a dénoncé des propositions visant à « détruire » les secteurs de l’automobile, de l’acier et de l’aluminium, tout en pointant des revendications perçues comme une atteinte au statut du français au Canada. Une ligne rouge politique dans un pays officiellement bilingue.

Ottawa refuse tout compromis « à n’importe quel prix »

Malgré les pressions, le Canada campe sur ses positions. Mark Carney a réaffirmé lundi que son pays ne céderait ni « à n’importe quel prix » ni « dans n’importe quel délai », après plus d’un an de négociations infructueuses. Ottawa mise désormais sur le renforcement de ses partenariats commerciaux en Asie et avec l’Union européenne pour réduire sa dépendance aux États-Unis, qui absorbent 70 % de ses exportations.

La fermeté canadienne est soutenue par l’opinion publique : 76 % des Canadiens approuvent la rupture des négociations, et 62 % soutiennent les représailles promises « au dollar près ». Une posture qui contraste avec les volte-face habituelles de Trump, dont les menaces commerciales s’accompagnent souvent de rétractations in extremis.

Risques économiques et enjeux électoraux pour Trump

Cette escalade commerciale pourrait aggraver l’inflation aux États-Unis, déjà impopulaire à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. Les surtaxes américaines, si elles sont appliquées, risquent de peser sur les prix des véhicules et des matériaux de construction, alimentant le mécontentement des consommateurs. De son côté, le Canada, dont les exportations vers les États-Unis représentent une part majeure de son PIB, devra arbitrer entre fermeté et préservation de ses intérêts économiques.

Les prochaines heures seront cruciales : la réponse d’Ottawa, attendue ce mardi à 13h GMT, pourrait soit désamorcer partiellement la crise, soit ouvrir la voie à une guerre commerciale aux conséquences durables pour les deux économies.

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