Le conseil de campagne présidentiel d'Adewole Adebayo-Bugaje a formellement accusé le président nigérian Bola Tinubu de méconnaître les dispositions constitutionnelles relatives à l'exercice du pouvoir. En cause : des absences prolongées du chef de l'État hors du territoire national, effectuées sans transmission formelle de l'intérim à son vice-président.
Une controverse sur l'article 145 de la Constitution
Au cœur de la polémique se trouve l'article 145(1) de la Constitution nigériane de 1999. Ce texte impose au président de notifier par écrit le président du Sénat et le président de la Chambre des représentants lorsqu'il s'absente pour des vacances ou est dans l'incapacité d'exercer ses fonctions. Selon le camp d'Adewole Adebayo, le dépassement du seuil de 21 jours sans cette transmission de pouvoir crée un « vide constitutionnel » dangereux, plaçant le pays sous une gouvernance à distance alors que le Nigeria fait face à des défis sécuritaires et économiques majeurs.
La mise en cause du rôle du Parlement
Le conseil de campagne ne cible pas uniquement l'exécutif, mais pointe également du doigt la passivité du pouvoir législatif. Il reproche aux dirigeants de l'Assemblée nationale de ne pas avoir activé l'article 145(2), qui autorise le Parlement à mandater le vice-président pour assurer l'intérim en cas de carence présidentielle prolongée. Pour les porte-paroles de la campagne, cette inaction transforme l'Assemblée nationale en une simple chambre d'enregistrement, affaiblissant ainsi l'équilibre des pouvoirs et les fondements démocratiques du pays.
Vers une mobilisation électorale pour 2027
Face à ce qu'ils qualifient d'« illégalité exécutive », les soutiens d'Adewole Adebayo appellent les citoyens nigérians à se mobiliser lors des élections générales de 2027. Le candidat du Parti social-démocrate (SDP) promet, en cas de victoire, une rupture avec les pratiques actuelles, plaçant la fidélité constitutionnelle et la présence physique du chef de l'État au cœur de sa gouvernance. Le conseil insiste sur le fait que le changement ne pourra advenir que par les urnes, rejetant l'idée que les manifestations de rue puissent, seules, remédier à ce qu'ils considèrent comme une dégradation institutionnelle profonde.