Le projet de voie de contournement de Yaoundé franchit une étape décisive avec l'autorisation officielle de contracter des financements internationaux. Un décret présidentiel du 5 novembre 2026 habilite le gouvernement à mobiliser près de 127 milliards de FCFA auprès de la Banque européenne d'investissement (BEI) et de l'Union européenne pour réaliser la section prioritaire T3.
Un montage financier structuré par l'Europe
Le décret n° 2026/342 autorise le ministre de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire à signer deux accords cruciaux. Le premier porte sur un prêt de 98,39 milliards de FCFA auprès de la BEI, tandis que le second concerne une subvention de 28,2 milliards de FCFA octroyée par l'Union européenne. Ce dispositif est complété par une assistance technique évaluée à environ 2,5 milliards de FCFA. Ces fonds s'inscrivent dans le cadre de la loi de finances 2026, visant à concrétiser une infrastructure attendue pour désengorger la capitale camerounaise.
Les caractéristiques techniques de la section T3
La section T3 constitue un maillon stratégique du projet global. Il s'agit de la construction d'une autoroute à double chaussée s'étendant sur 22,8 kilomètres. Le tracé prévoit l'aménagement de sept échangeurs, assurant une liaison directe entre la route nationale 1, au niveau de Nkozoa, et l'autoroute Yaoundé-Douala. Cette configuration vise à détourner le trafic des poids lourds du centre-ville de Yaoundé, une mesure indispensable pour améliorer la fluidité du trafic urbain et réduire la pression sur les axes routiers saturés.
Des enjeux de mobilité et de connectivité régionale
Au-delà de l'impact local, ce chantier est intégré au programme Global Gateway de l'Union européenne. L'objectif affiché est de renforcer l'efficacité des corridors logistiques sous-régionaux et de favoriser un développement urbain plus structuré. Si ce décret marque une avancée administrative majeure, le calendrier de démarrage des travaux reste à définir. Par ailleurs, le coût total du projet étant estimé par la BEI à environ 258 milliards de FCFA, la mobilisation des financements complémentaires pour couvrir la totalité du tracé demeure un point de vigilance pour les autorités camerounaises.